Voilà près d'un an que l'ex-Beatles collabore aux paroles du metteur en scène Lee Hall. Ce dernier serait même en train de rédiger un livret pour cette comédie musicale. Le spectacle sera produit par l'imprésario de théâtre Bill Kenwright, originaire de Liverpool comme McCartney, qui avait fait appel à lui en 2016 pour écrire la musique de cette adaptation.

Ce projet, pour lequel le septuagénaire est en charge de la musique et des paroles, marque l'entrée de Paul McCartney dans le monde du théâtre.

"Comme de nombreuses autres choses, tout a débuté par un e-mail. Bill m'a demandé si c'était quelque chose qui pourrait m'intéresser. Ecrire une comédie musicale n'était pas quelque chose qui m'avait déjà fait envie, mais Bill et moi avons rencontré Lee Hall et après une discussion je me suis dit que cela pourrait être intéressant et drôle", a expliqué McCartney dans un communiqué.

La légende vivante a presque terminé les chansons du spectacle, qui devrait être montré sur scène au Royaume-Uni fin 2020. Variety rapporte qu'il est prévu qu'il aille ensuite à Broadway.

Cette comédie musicale est une adaptation du grand classique de Frank Capra, "La vie est belle", paru en 1946. Dans ce film, on découvre James Stewart dans le rôle de George Bailey, un homme d'affaires désespéré qui pense au suicide le soir de Noël. Un ange gardien, campé par Henry Travers, lui est envoyé pour lui montrer à quel point le monde aurait été différent s'il n'était pas né.

Les droits d'adaptation refusés par Capra

À en croire le New York Post, Bill Kenwright avait à l'origine demandé à Capra les droits pour adapter ce film sur les planches il y a de nombreuses années (Franck Capra est décédé en 1991), mais le réalisateur aurait refusé d'une lettre manuscrite.

C'est la Paramount qui a ensuite proposé ces droits au producteur britannique, suite à quoi il a fait appel à McCartney pour collaborer sur le projet.

"Travailler avec Paul sur 'La vie est belle' est un rêve devenu réalité. A vrai dire, j'étais dingue de l'entendre dire 'un/deux/trois/quatre' sur la démo pour le titre d'ouverture...! C'est du théâtre musical -- mais c'est toujours McCartney", a expliqué Kenwright.

En amont de la première du spectacle, Paul McCartney vient de terminer la partie américaine de sa tournée "Freshen Up". Il a récemment été rejoint sur scène par l'autre Beatles Ringo Starr lors d'un concert au Dodger Stadium de Los Angeles.

AFP,rtbf.be

Le rapport entre Poutine et Mobutu ? La soumission de l’art au pouvoir. Poutine pour censurer, réprimer les hommes libres, dont les homosexuels. Mobutu pour servir son prestige en créant un " ballet national "  à son image.

 

" Outside". Chine et Russie répriment les homosexuels. La résistance esthétique triomphe.

 

Le cinéaste russe Kirill Serebrennikov réalisateur de " Leto " (2018) centré sur la culture rock alternative est aussi metteur en scène de théâtre présent à Avignon pour la 3è fois. Avec " Outside " il explore le monde d’un photographe chinois, Ren Hang, persécuté en Chine pour son homosexualité et suicidé à 29 ans, deux jours avant de rencontrer Serebrennikov pour un projet commun. Une blessure que le Russe transforme en un hommage poétique, érotique et tendre.

 Kirill Serebrennikov est aussi un " personnage " polémique. Il dirige le Gogol Center de Moscou depuis 2012 mais a été assigné à résidence en 2017 pour détournement de fonds, puis relaxé récemment. Une figure de martyre de la liberté d’expression puisqu’il dû construire le scénario de " Outside " isolé dans son domicile puis au Gogol Centre mais jamais à Avignon puisqu’il est privé de passeport.  En fin de représentation tous ses acteurs/danseurs arborent un tee-shirt " Free Kirill ".

En faisant le portrait du photographe Ren Hang, son " double " chinois suicidé, le Russe en profite pour régler ses comptes avec la police politique russe qu’il ridiculise. Mais ce n’est pas le sarcasme qui domine mais un curieux mélange de poésie tendre et de pornographie chic, assez léchée. Pas de photos de Ren Hang mais des tableaux vivants qui les évoquent, plus proches de la performance que de la chorégraphie. Avec de beaux jeunes gens (mais aussi deux jeunes filles) nus, épilés et très BCBG, dans une dynamique plus érotique que pornographique (contrairement à ce qu’affirme l’auteur) puisque les enlacements et poses osées ne débouchent jamais sur des actes sexuels. Nous voyons plutôt des " hommes fleurs " imberbes et charmants qu’on croirait sortis de l’univers rieur des Bacchus du Caravage gorgés de fruits plutôt que du tragique de Pasolini. Cette revue érotique occupe le centre de " Outside " mais l’intro et la conclusion sont plus médiatifs, intériorisés et rendent compte de la poésie du Chinois, de sa dépression suicidaire et de ses relations avec sa mère (très drôle et fine). Et aussi de la condition des homos dans des pays totalitaires, Chine ou Russie, qui les persécutent. Serebrennikov, excellent dialoguiste nous fait ici et là des portraits touchants comme ce danseur obèse qui rêvait d’incarner Nouréev.

Au total un divertimento érotique avec en contrepoint un charme poétique et des sarcasmes bienvenus sur les systèmes russe et chinois qui font la chasse aux homosexuels.

 

" Histoire du théâtre II " : Faustin Linyekula et le Ballet National du Zaïre.

 "Histoire du théâtre II: Faustin Linyekula

Milo Rau, artiste suisse passionné d’Afrique et des méfaits du colonialisme…belge est depuis un an directeur du NTGent, un des théâtres flamands majeurs. Il offre une carte blanche à Faustin Linyekula, danseur, chorégraphe et metteur en scène congolais qui prend comme angle d’attaque l’histoire du Ballet National du Zaïre.

L’occasion pour les Belges (et Congolais) de ma génération de se pencher sur leur passé et notamment sur le rôle historique de Mobutu dans la construction d’un sentiment national " zaïrois authentique ".

En scène deux survivantes (Marie-Jeanne et Wavina), un survivant (Ikondongo) engagés en 1974/75 au début de ce " ballet national "   qui, par le personnage mythique de Lyana permet à Mobutu de se trouver un référent historique, unificateur des tribus zaïroises. Le narrateur principal, Papy Maurice est le fils d’un membre du cabinet Mobutu, licencié comme des foules d’autres. Entre les lignes on sent filtrer de l’admiration pour ce vrai " chef " puissant et respecté qui, par souci de beauté spectaculaire, a intégré à l’Est du Congo actuel grand nombre de Tutsis rwandais, (excellents danseurs) qui posent un problème politique aujourd’hui.

Le récit joue beaucoup sur les projections en noir et blanc de ce ballet à son heure de gloire, parfois repris en direct par les 3 interprètes, dont un solo époustouflant de Wivina, incroyablement dynamique à plus 70 ans. En plus du narrateur témoin, Papy Maurice, un acteur du NTGent  à l’humour décalé, Oscar Van Rompuy, joue le " blanc Belge" de service, notamment dans un combat mythique d’une drôlerie irrésistible avec Papy Maurice.

Au total on reste un peu sur sa faim par rapport à la cruauté critique de la griffe Milo Rau. Mais la nostalgie d’une époque irrémédiablement révolue et l’énergie douce de ces citoyen(ne)s congolais dynamiques nous offrent une tranche de passé congolais et belge intéressante.

" Histoire du Théâtre II : Faustin Linyekula

-Jusqu’au 23 juillet à Avignon

-Repris au NTGent du 5 au 28 mars 2020

Christian Jade,rtbf.be

Si vous prévoyez un périple à travers l’Europe cet été, ne manquez pas cette sélection d’expositions et rétrospectives artistiques majeures à voir jusqu’à la rentrée, de Perpignan à Londres, en passant par Amsterdam, Venise et Madrid.

 

"Van Gogh et les tournesols" au Musée Van Gogh d’Amsterdam (Pays-Bas)

L’exposition "Van Gogh et les tournesols" se consacre à l’emblématique série de peintures sur les tournesols de l’artiste, en se concentrant plus précisément sur sa version datant de 1889, peinte un an avant sa mort. Elle embarque les visiteurs dans un voyage au cœur des natures mortes les plus connues de l’histoire de l’art, détaillant le processus créatif de l’artiste et expliquant pourquoi Van Gogh a choisi ces fleurs.

L’exposition présente par ailleurs 22 autres œuvres, dont de rares esquisses d’un portrait de Van Gogh signées Paul Gauguin.

⌂ "Van Gogh and the Sunflowers" est à découvrir au Musée Van Gogh d’Amsterdam jusqu’au 1er septembre. Plus d’informations sur le site du musée.

 

  "Baselitz – Academy" à la Gallerie dell’Accademia de Venise (Italie)

Cette rétrospective, placée sous la houlette de Kosme de Barañano, retrace les 60 années de carrière du néo-expressionniste allemand particulièrement connu pour ses portraits de sujets représentés à l’envers. Elle comprend une série de peintures, dessins, estampes et sculptures, et certaines œuvres rares qui soulignent les liens qu’entretient Baselitz avec l’Italie.

⌂ "Baselitz – Academy", qui est visible jusqu’au 8 septembre, marque aussi la première exposition consacrée à un artiste de son vivant à la Gallerie dell’Accademia. Billets et informations sur le site de la galerie.

 

  "Rodin – Maillol Face à Face" au Musée d’art Hyacinthe Rigaud de Perpignan (France)

Cet été, le musée Hyacinthe Rigaud rassemble les œuvres de deux grands sculpteurs modernes français : Auguste Rodin et Aristide Maillol. Leurs sculptures sont confrontées pour la première fois, ce qui permet d’appréhender le travail de chaque artiste de façon différente.

⌂ "Rodin – Maillol Face à Face" au musée Hyacinthe Rigaud de Perpignan jusqu’au 3 novembre. Plus de détails sur le site du musée.

 

  "Velázquez, Rembrandt, Vermeer : Parallel Vision" au musée du Prado de Madrid (Espagne)

Cette vaste exposition, qui s’inscrit dans les célébrations du bicentenaire du Prado, se concentre sur des œuvres signées des maîtres hollandais et espagnol de la fin du XVIe au début du XVIIe siècle. Elle comprend 72 tableaux qui reflètent les traditions picturales d’Espagne et de Hollande, deux nations presque constamment en guerre au cours de cette période.

Bien que les traités sur l’histoire de l’art tendent à opposer ces traditions, cette présentation tente d’établir des parallèles entre ces deux pôles artistiques européens.

⌂ "Velázquez, Rembrandt, Vermeer : Parallel visions" est visible au Prado jusqu’au 29 septembre. Billetterie et informations sur le site du Prado.

 

"Lee Krasner : Living Colour" à la Barbican Art Gallery de Londres (Angleterre)

"Lee Krasner : Living Colour" marque la première rétrospective en Europe dédiée à l’artiste américaine depuis plus de 50 ans. Bien que Krasner ait été une pionnière de l’Expressionnisme abstrait, sa contribution artistique est longtemps restée dans l’ombre de son illustre mari, le peintre Jackson Pollock.

Cette exposition comprend près de 100 œuvres réalisées au cours de ses 50 années de carrière, dont une majorité n’a jamais été présentée au Royaume-Uni. Parmi ces œuvres inédites, on note des autoportraits, des dessins au fusain ainsi qu’une sélection de grands formats abstraits peints par l’artiste.

⌂ "Lee Krasner : Living Colour" à découvrir à la Barbican Art Gallery jusqu’au 1er septembre. Plus d’infos sur le site de la galerie.

rtbf.be

Le dernier-né de l'écurie Disney est enfin dans les salles. Très attendue, cette adaptation en live action du classique d'animation des années 90 se dote d'une bande originale sur laquelle on retrouve le titre "Spirit" de Beyoncé. Cette dernière sortira ce vendredi de son côté un opus inspiré du film, regroupant toute une armada de collaborations.

En plus de signer le single "Spirit" pour la bande originale du "Roi Lion", Beyoncé s'offre un album autour de l'univers du film de Jon Favreau. On retrouve la musicienne sur une dizaine de titres, mais aussi Kendrick Lamar, Jay-Z, Pharrell. Les fans de la musicienne n'auront pas manqué de remarquer que la jeune fille de Beyoncé, Blue Ivy Carter, était aussi de la partie sur le morceau "Brown Skin Girl".

Réalisé par Jon Favreau, le film sera par ailleurs doublé par Beyoncé, qui interprète le personnage de Nala, tandis que Donald Glover prête à sa voix à Simba, dans la version originale.

"The Lion King: The Gift" sera disponible ce vendredi 19 juillet, jour où le "Roi Lion" sortira sur les écrans américains. Chez nous, le film est sorti ce mercredi 17 juillet et se classe déjà en très bonne position au box-office.

rtbf.be

Le succès était inévitable. Plus de 630.000 spectateurs se sont rués dans les salles obscures pour découvrir la nouvelle version du classique de Disney le jour de sa sortie. "Le Roi Lion" façon Favreau réalise le deuxième meilleur démarrage de l’année en France, en détrônant déjà "Spider-Man : Far from Home".

Le Roi est bien de retour. 25 ans après la sortie du film original, "Le Roi Lion" suscite toujours autant l’engouement du public puisque le remake du classique de Disney en live-action a séduit 630.478 spectateurs dès son premier jour au cinéma. Un succès tonitruant pour le réalisateur Jon Favreau qui réalise deux records : celui du douzième meilleur démarrage de tous les temps en France et celui du deuxième meilleur démarrage de l’année 2019 derrière "Avengers : Endgame". Une place précédemment détenue par "Spider-Man : Far From Home", tout juste sorti au cinéma.

Loin derrière, la comédie "Le coup du siècle", portée par Anne Hathaway et Rebel Wilson, sauve les meubles. Avec 17.006 entrées enregistrées pour son premier jour d’exploitation, le film de Chris Addison décroche la deuxième place du classement devant "Wild Rose". La comédie dramatique et musicale de Tom Harper a attiré 7.382 spectateurs.

Grosse déception en revanche pour "Her Smell", le film dramatique avec Elisabeth Moss et Cara Delevingne qui entre de justesse dans le top 10 à la dernière place avec seulement 456 entrées cumulées lors de sa sortie.

Box-office des films sortis le mercredi 17 juillet :

Le Roi Lion – 630.478

Le coup du siècle – 17.006

Wild Rose – 7.382

Persona non grata – 6.060

Yuli – 4.946

L’œuvre sans auteur – 2.963

L’œuvre sans auteur – 1.077

100 kilos d’étoiles – 1.042

Le voyage de Marta – 507

Her Smell – 456

rtbf.be

De sa "Fin de journée" post-impressionniste sur les quais à son "Cargo noir" post-cubiste, en passant par ses paysages balnéaires chatoyants, les bords de mer havrais influencèrent Raoul Dufy tout au long de sa carrière dans son travail sur la lumière, selon une exposition présentée au Havre jusqu'au 3 novembre.

"Le Havre, c'est pour Dufy le lieu de l'expérimentation de la lumière, un paysage intérieur qui se grave à jamais dans sa mémoire, avec d'autant plus de force qu'il remonte à son enfance", explique Annette Haudiquet, co-commissaire de l'exposition "Raoul Dufy au Havre" et directrice du musée Malraux qui accueille l'exposition.

"La lumière de la baie de Seine, je la vois où que je sois", écrira l'artiste né au Havre en 1877, mort en 1953 à Forcalquier en Provence.

Dans le musée dont les baies vitrées permettent un dialogue des tableaux avec la mer, 85 œuvres de Raoul Dufy sont présentées, dont 25 n'ont encore jamais été montrées au public. Vingt-et-un tableaux viennent de l'étranger, avant tout des États-Unis mais également d'Allemagne, de Belgique, des Pays-Bas, du Royaume-Uni, de Suisse, de Grèce et du Luxembourg.

Le parcours de l'exposition permet de suivre le cheminement du peintre à travers les différents courants de son époque.

Sa "Fin de journée au Havre" de 1901 avec son charbonnier au dos courbé par le labeur témoigne d'un réalisme militant mais l'ambiance crépusculaire porte la marque des impressionnistes dont Raoul Dufy s'est imprégné dans sa jeunesse. Entré à 14 ans comme préposé dans une maison d'importation de café, le futur peintre a travaillé quatre ans sur le port, tout en prenant des cours aux beaux-arts le matin et le soir.

Très vite la couleur illumine ses paysages balnéaires. Dans ses tableaux peints à l'aube du XXe siècle, la mer est émeraude, les piliers de l'estacade se teintent de violet, de vert, de bleu; personnages et parasols sont esquissés en quelques arabesques, et un vent léger se lève sur les galets.

"Coloriste-né"

"Dufy cherche à donner au tableau sa propre lumière par la couleur", explique Mme Haudiquet, "la couleur structure la plage".

"Si Dufy est un coloriste-né, il est aussi un paysagiste-né", ajoute la responsable des collections du musée d'Art moderne de la ville de Paris Sophie Krebs, l'autre commissaire de l'exposition.

Puis les perspectives s'écrasent. "On n'a plus ce sentiment d'espace", poursuit Mme Haudiquet.

Vers 1910, l'œuvre de Dufy est traversée par le Cézanisme avec des couleurs de terre; par le cubisme, avec des tableaux qui évoquent Georges Braque.

Mais à partir des années 30 le bleu flamboie à nouveau.

La couleur du ciel et de la mer passent par la fenêtre et envahissent la pièce dans "L'artiste et son modèle dans l'atelier du Havre" (1936). L'influence de Matisse, qui boudait Dufy, est nette.

"Le bleu avec ses diverses nuances, de la plus foncée à la plus claire, ce sera toujours le bleu", contrairement aux autres couleurs, soulignera le Havrais.

A la fin de sa vie, Dufy "pousse sa recherche sur la lumière à l'extrême. La lumière c'est la couleur noir qui succède à l'éblouissement lorsque l'on regarde le soleil en face", poursuit Mme Haudiquet. Installé dans le midi "pour raison de santé", il peint "en pensant au Havre", une série de cargos, sur une mer bleu foncé ou noire.

Ces vaisseaux fantomatiques peints entre 1948 et 1952 traduisent peut-être également le pressentiment d'une mort prochaine.

Le Musée Malraux propose un mini-site dédié à l'exposition

RTBF Culture avec AFP, rtbf.be

Musicien engagé, Johnny Clegg incarnait avec ses chansons, mélange inédit de rythmes zoulou et de pop occidentale, la résistance à l'apartheid puis la réconciliation.

Le "Zoulou blanc" sud-africain s'est éteint mardi à l'âge de 66 ans.

Longtemps victime de la censure en Afrique du Sud, il a connu le succès à l'étranger avant d'accéder au statut de star dans son pays.

Pendant les pires heures du régime raciste, ses chansons ont été interdites. Pour contourner la censure, il a été contraint de se produire - avec son groupe Juluka, formé avec le musicien zoulou Sipho Mchunu - dans les universités, les églises, les foyers de migrants et chez des particuliers.

"Nous devions faire preuve de mille et une astuces pour contourner la myriade de lois qui empêchaient tout rapprochement interracial", racontait-il à l'AFP en 2017.

Malgré tout, l'intraitable police de l'apartheid a interdit certains de ses concerts et le chanteur a été à plusieurs reprises arrêté, accusé de violer les lois sur la ségrégation raciale.

Le gouvernement raciste blanc ne pouvait pas non plus tolérer qu'un des siens puise son inspiration dans l'Histoire et la culture zoulou.

A l'étranger pourtant, et notamment en France, Johnny Clegg a rapidement trouvé un public.

"Les gens étaient très intrigués par notre musique", expliquait le chanteur et danseur, adepte de concerts très physiques.

Une musique révolutionnaire où les rythmes zoulou endiablés cohabitent avec guitare, clavier électrique et accordéon.

'Choc'

En 1982, la sortie de son album "Scatterlings of Africa" le propulse en tête des hit-parades en Grande-Bretagne et en France.

Cinq ans plus tard, il s'affirme comme un artiste "politique" avec le titre "Asimbonanga" ("Nous ne l'avons pas vu", en langue zoulou), tube planétaire dédié à Nelson Mandela, le héros de la lutte anti-apartheid alors emprisonné à Robben Island (Afrique du Sud).

La seule évocation du chef du Congrès national africain (ANC) est alors strictement interdite. Le régime de Pretoria bannit le titre.

Quelques années après la fin de l'apartheid, l'auteur et le héros de cette chanson, désormais libre, s'étaient retrouvés sur scène à Francfort (Allemagne) pour un concert aussi magique qu'inattendu.

Alors que Johnny Clegg chantait "Asimbonanga", le public s'était levé comme un seul homme.

"J'ai aperçu du coin de l'oeil quelqu'un derrière moi qui était en train de monter sur la scène, en dansant (...). C'était Mandela ! Ça a été un choc. Je ne savais même pas qu'il était là", avait raconté Johnny Clegg à l'hebdomadaire français Le Nouvel Observateur.

A la fin de la chanson, Mandela avait lancé de sa voix posée, au micro : "C'est la musique et la danse qui me mettent en paix avec le monde."

'Né deux fois'

Né en 1953 au Royaume-Uni d'un père britannique et d'une mère zimbabwéenne, chanteuse de jazz de cabaret, Johnny Clegg débarque à l'âge de 7 ans dans une Afrique du Sud où la minorité blanche règne en maître absolue sur la majorité noire.

Initié aux cultures locales par son beau-père journaliste, Johnny Clegg assure que son refus de l'apartheid n'a rien de politique.

"Je n'étais pas motivé politiquement mais culturellement. J'aime la musique et la danse", expliquait-il simplement.

Les yeux ouverts dans un pays borgne, il se glisse dès 15 ans dans les foyers de travailleurs noirs, au mépris des interdits. Là, il découvre les danses et les mélodies zoulou et s'invite secrètement pour danser avec les troupes traditionnelles.

Quand l'apartheid tombe définitivement en 1994, "c'est comme si nous étions tous nés une seconde fois", confiera-t-il.

Quelques années plus tard, l'enthousiasme cédera la place aux doutes. "La lutte était plus simple autrefois. On vivait ici dans un tunnel, coupés du reste du monde, on se définissait +contre+, menant une bataille qui masquait toutes les autres."

"Aujourd'hui (...) on est aux prises avec tout une série d'enjeux et de conflits liés à la pauvreté, la construction d'une nation, le sida, la mondialisation", ajoutait le musicien.

Après une nouvelle rémission d'un cancer du pancréas diagnostiqué en 2015, il se lance deux ans plus tard dans une tournée mondiale d'adieu dont il réussira à honorer toutes les dates, les dernières en 2018.

"J'ai eu une carrière gratifiante à bien des égards (...) en réussissant à rassembler des gens grâce à des chansons, surtout à un moment où cela semblait complètement impossible", se félicitait le musicien qui a vendu plus de 5 millions d'albums.

AFP,rtbf.be

Si le nom de Monia Chokri ne vous est pas familier, son visage l'est peut-être. Aperçue chez Xavier Dolan (“Laurence Anyways” et “Les Amours Imaginaires”), ou plus récemment dans “Emma Peeters”, l'actrice québécoise est devenue une habituée des comédies dramatiques sur fond de crise existentielle.

Rien de surprenant donc à ce qu'elle s'aventure dans le genre pour son premier long-métrage en tant que réalisatrice. Avec “La Femme de mon frère”, elle nous plonge de plein de pied dans l'univers désenchanté de Sophia (Anne-Élisabeth Bossé, inénarrable), doctorante sans emploi et sans espoir pour le futur, qui voit sa relation fusionnelle avec son frère mis à mal par l'arrivée d'une nouvelle compagne.

Sur le papier, rien d’inédit - une comédie de trentenaire à la dérive comme on en voit de plus en plus souvent. Mais porté par un esprit résolument décalé, “La femme de mon frère” se démarque, notamment grâce à son humour, qui joue sur la gêne créée par son héroïne. Lançant à tour de bras de savoureuses répliques pleines d'esprit (et de désespoir), elle s'impose comme une protagoniste aussi attachante qu'irritante.

Le film est à sa hauteur. Étalé sur une durée quelque peu excessive de 115 minutes, “La Femme de mon frère” prend le temps d'expérimenter avec sa forme cinématographique  : montage répétitif, cadrage audacieux, etc. Le résultat est une œuvre indéniablement idiosyncratique, qui exaspère autant qu'elle réjouit par ses excentricités.

Adrien Corbeel,rtbf.be

La DJ belge Amelie Lens s'est produite lundi soir au pied de l'Atomium de Bruxelles. La représentation a eu lieu à guichets fermés, les 3.000 tickets mis en vente au préalable en ligne ayant tous été vendus en trois heures environ, selon les organisateurs.

Le DJ set d'Amelie Lens, qui a débuté à 21h00, a duré 1h30. Retransmis en live sur la page Facebook de Cercle, il a été visionné plus de 700.000 fois. Une première partie de Milo Spykers et un closing set de Farrago ont encadré sa performance. L'Atomium a été illuminé pendant l'événement.

Réputée comme une perfectionniste acharnée de travail, Amelie Lens a connu une ascension fulgurante en quelques années et a gagné sa place sur la scène internationale. Egalement productrice, elle a lancé ses propres événements, qui se sont invités dans les plus grands festivals, et a créé son propre label (Lenske).

Cercle est un média culturel français dont l'objectif est de créer une expérience sonore et visuelle d'exception tout en sensibilisant les spectateurs au patrimoine, à l'art et à la culture. Un lundi sur deux, un artiste et un lieu sont mis en valeur pendant 1 heure par le biais d'une performance diffusée via Facebook Live. Cercle a par exemple réalisé des événements à la tour Eiffel ou au château de Fontainebleau mais aussi hors des frontières françaises, notamment à Tahiti.

Le DJ set avait été organisé en collaboration avec visit.brussels, l'Atomium et la Ville de Bruxelles.

Резултат с изображение за Quelque 3.000 privilégiés au DJ set d'Amelie Lens au pied de l'Atomium à Bruxelles

Belga News,rtbf.be