Dans " Décris-Ravages ", Adeline Rosenstein développait une réflexion politique et théâtrale originale, intense et drôle, sur la " question d’Orient " (et les conditions qui ont favorisé la naissance de l’Etat d’Israël). Le jury des Prix de la Critique lui a décerné son Prix " découverte " en 2014. Elle signe avec " Laboratoire Poison " une nouvelle méditation sur morale, politique et théâtre à partir d’un cas précis, les confessions de résistants communistes belges capturés par les Allemands en 1943. Mais elle refuse et  " l’anecdote " bouleversante, qu’elle dévoile brièvement en épilogue et le pathétique et l’incarnation. Un " théâtre laboratoire " esthétiquement intéressant mais guetté par l’abstraction.

Pour entrer dans " Laboratoire Poison " n’hésitez pas à lire dans le programme les explications de l’autrice/actrice/ metteuse en scène sur ses sources et le " potentiel de narration " d’une musique abstraite. Muni de ce point de vue on entrera plus facilement dans cette cérémonie théâtrale mystérieuse. On y voit la narratrice, Adeline Rosenstein et parfois d’autres acteurs/narrateurs entrouvrir avec des mots les énigmes mimées par 11 acteurs et actrices. Leurs pantomimes figurent de façon minimaliste, non réaliste, ritualisée, les situations complexes de résistants prisonniers, battus, torturés, trahis par leurs compagnons de lutte. D’emblée on nous propose deux cas de figure

" Soit deux histoires :

Celle d’un combattant, survivant de la torture, qui, après tout ce qu’il a enduré

est jugé par ses anciens compagnons de lutte et doit s’exiler ;

Celle d’un filou, tireur de son épingle du jeu, retourneur de sa veste, qui met

tous ses potes dans le pétrin et finalement s’en sort très bien.

L’ennui c’est que ces deux histoires qui ne se tolèrent pas. "

Et c’est donc à nous, public, de prendre nos responsabilités en intériorisant le conflit de valeurs proposé : vous êtes plutôt pour… qui? Ecartelé ?  Alors vous boirez bien un peu de ce " poison " …commun?

" Quand un dévergondé dit j’ai honte, c’est comme quand un menteur dit j’ai

menti : soit il avoue, soit il se fiche de nous.

Et peut-être qu’on le mérite bien !

Si on est prêt à croire ses larmes de crocodiles, c’est peut-être qu’on est soi-même

déjà un peu pourri. Le voilà le poison " 

Adeline Rosenstein s’inspire d’un livre récent du sociologue, Jean-Michel Chaumont " Survivre à tout prix ? Essai sur l’honneur, la résistance et le salut de nos âmes " (éd. La Découverte) qui s’appuie sur les archives récemment ouvertes du parti communiste belge (dont le centre est dirigé par l’historien José Gotovitch).  Dans le petit programme J.M Chaumont met le doigt dans la plaie : " qu’est-ce qui, dans la représentation théâtrale, fait basculer le jugement...détermine la sympathie ou l’antipathie vis-à-vis des personnages ? "

C’est tout le problème posé par le projet actuel, qui peut évoluer, se resserrer ou " se lâcher " donc vivre, comme on dit. A force de parler de personnages numérotés (de 2 à 7 au total) pour en faire des prototypes du résistant universel, dans le temps et l’espace on a de la peine à s’intéresser à ces abstractions. La fable " marche " si Pinocchio s’incarne un peu, si son bois se fait chair et s’insinue dans l’esprit des autres " personnages " et des spectateurs.  Ici tout commence et finit par un énorme convoi de classeurs d’archives véhiculés sur roulettes, sinistre à souhait. Ils servent de décor mouvant pour illustrer les rapports théâtralisés mais muets entre victimes/bourreaux/victimes, un cercle infernal. Le discours de la narratrice/pédagogue laisse souvent flotter le sens par rapport à ce qu’on voit, la trahison, le remords, la ruse du résistant pris au piège de l’ennemi. Les acteurs miment mais ne " jouent " jamais : ils " lisent " parfois sans émotion apparente des textes forts comme pour les mettre à distance. La référence aux archives du parti communiste belge (le vrai fil conducteur de l’ensemble, qui éclaire les contradictions de toute résistance armée) n’intervient qu’à l’épilogue.   

L’empathie minimale (sympathie ou antipathie) pour des non-personnages cède alors la place à une estime esthétique pour un beau tableau mélancolique, mais abstrait, mimé et chorégraphié avec talent, mais dont le débat central, les contradictions de la Résistance, nous échappe trop souvent, faute d'un lien clair entre les textes lus et la pantomime.

" Laboratoire Poison " d’Adeline Rosenstein à la Balsamine jusqu’au 2 février.

NB : le 2 février de 17 à 19 h le spectacle sera précédé d’une table ronde sur les contradictions de la Résistance, avec 4 spécialistes dont Jean-Michel Chaumont (auteur de " Survivre à tout prix ? Essai sur l’honneur, la résistance et le salut de nos âmes " (éd La Découverte) et José Gotovitch, historien, directeur scientifique du Centre des Archives communistes en Belgique.

Christian Jade (RTBF.be)

Le festival consacré au format court, indé et à l’ambiance décontractée s’est achevé ce dimanche soir en dévoilant la liste de ses lauréats.

 

Pour la 14e année consécutive, le Festival cinématographique Courts Mais Trash mettait à l’honneur les courts métrages indépendants, qui choquent, qui interrogent ou qui font rire. Le but de François Marache à travers l’évènement était de donner la chance à des petits films en marge d’être projetés en salle et en présence d’un public amateur du genre. Certains courts ont été tournés sans budget, certains sont trop trash pour être diffusés dans un cadre classique, certains sont des OVNIs sauce WTF… c’est pour tout ces oubliés des salles obscures que Courts Mais Trash existe et le succès est de plus en plus au rendez-vous. En 2018, ce sont 2.300 personnes qui s’y étaient rendues.

 

Cette année, le festival présentait sa programmation à la fois aux Riches-Claires, son QG historique, mais aussi au Cinéma Palace, le nouveau partenaire. Durant 4 jours, une dizaine de séances contenaient les oeuvres sélectionnées réparties en plusieurs catégories : compétition nationale, internationale, “Super WTF”, “Born 2 be cheap” pour les films fauchés, “Super SEX” et une thématique spéciale consacrée aux films de réalisatrices, “Female Trouble”. Le but était ici de tendre un peu plus vers la parité dans un milieu du film de genre très masculin, une initiative rare et à saluer.

 

rtbf.be

Compétition Internationale

HBO a dévoilé des détails de programmation relatifs à la saison 8 de "Game of Thrones", qui sera diffusée à partir du 14 avril 2019. La longueur des six épisodes qui la compose n'est plus un secret pour les fans.

HBO a révélé la durée des deux premiers épisodes de la saison 8. Le listing des quatre derniers épisodes, non publié, reste accessible publiquement. La chaîne américaine a alloué 54 minutes au premier épisode et 58 minutes à l'épisode 2.

Un habitué du site non officiel Winter is Coming a ensuite deviné les identifiants des autres épisodes, découvrant ainsi la durée de l'épisode 3 (1 heure), de l'épisode 4 (1 heure et 18 minutes), de l'épisode 5 (1 heure 20 minutes) et de l'épisode 6 (1 heure 20 minutes).

En résumé, la plus courte des saisons de la série HBO contient trois de ses plus longs épisodes. Les trois derniers épisodes de la saison 8 dépassent les 68 minutes du dernier épisode de la saison 6 "The Winds of Winter"("Les Vents de l'hiver") et les deux derniers égalent les 80 minutes de l'épisode de clôture de la saison 7, "The Dragon and the Wolf"("Le Dragon et le loup").

Avec un total de 6 heures et 50 minutes, la saison 8 reste la plus courte des saisons de la série, avec une demi-heure de moins que la saison 7. HBO prépare déjà un spin-off appelé "The Long Night", qui entrera en phase de production à la mi-2019. Les fans pourront découvrir de nouvelles aventures à Westeros.

Un portrait fascinant de celui qui incarna Conan et Terminator. L’Amérique, il l’a voulue et il l’a eue.

 

Le 30 juillet 1947 naît le petit Arnold Schwarzenegger à Thal en Autriche. Très jeune, ses parents lui inculquent les valeurs du travail et du sport qui seront fondatrices dans sa carrière. Alors qu’il était destiné à être menuisier, Arnold se dirige vers le culturisme et se donne pour objectif d’être le plus grand body-builder de tous les temps. Après avoir été Mister Univers et consorts, il part à l’assaut de l’Amérique, où il veut devenir acteur. L’industrie hollywoodienne ne sait pas quoi faire de ce Hercule des temps modernes et il débute par de petits rôles. Petit à petit, il s’allie avec un grand nom du fitness et prête son visage à cette nouvelle tendance. Arnold Schwarzenegger franchit brillamment les étapes en incarnant Conan le barbare puis Terminator. Il est pendant un temps l’acteur le mieux payé au monde et a réussi son pari fou, son rêve américain. Il se marie à la nièce de JFK et commence à penser à la politique, un domaine qu’il intègrera pleinement dans les années 2000. Schwarzy deviendra ensuite le gouverneur républicain de la Californie jusqu’en 2006. 

 

D’une petite ville autrichienne à la fabrication d’un corps hors-normes aux plateaux de cinéma et à la politique, Arnold a semble-t-il déjà vécu plusieurs vies. Le très bon documentaire de Jérôme Momcilovic et Camille Juza sur Arte retrace le destin de l’incarnation de l’American Dream et pose également la question de l’après. Qu’est-ce qui se cache sous la carapace du superhomme ? N’est-il que le reflet de la superficialité de la société capitaliste ? 

 

rtbf.be

La 32e édition de la The European Fine Art Fair (TEFAF) de Maastricht ouvrira ses portes au public ce samedi 16 mars. Elle se tiendra au MECC de Maastricht jusqu'au 24 mars. Elle est la plus prestigieuse foire d'art et d'antiquités au monde.

La TEFAF, vient de mettre en place une nouvelle politique globale en matière d'expertises pour toutes ses foires. Un "vetting", un examen par un comité d'experts des pièces proposées, a lieu avant chaque foire. Dorénavant, le droit de vote au sein de ces comités est réservé à des experts universitaires, à des conservateurs et scientifiques spécialisés dans la conservation des œuvres et à des historiens de l'art indépendants. Marchands d'art et experts des maisons d'enchères en sont donc exclus.

Rassurer encore plus les clients, éviter tout soupçon de conflit d'intérêt, tout en renforçant ses liens avec les institutions scientifiques, la TEFAF compte tirer plusieurs bénéfices de sa nouvelle politique d'expertise des œuvres et objets d'art. "On arrive à un degré de compétence pendant les commissions d’expertise qui est assez impressionnant. En plus, ces différents conservateurs et historiens de l’art peuvent avoir l’aide des laboratoires scientifiques du Rijksmuseum. Les équipes viennent avec un matériel scientifique impressionnant de radiographie, d'analyse, des microscopes, etc.", explique Christophe de Quénetain, membre du comité exécutif et du conseil d'administration de la TEFAF...

Le marchand d'art bruxellois Eric Gillis salue cette évolution : "C’est très bien, c’est toujours une matière délicate car l’expertise c’est toutes des compétences très différentes Je pense aussi que c’est la responsabilité d’une foire qui rassemble quand même 280 marchands et les meilleurs au monde. C’est aussi de faire évoluer la réflexion sur l’expertise".