Pourquoi le Groenland est-il si convoité par Donald Trump?

Pourquoi Donald Trump veut-il faire du Groenland le 51ème État américain? Cet immense territoire glacé offre à première vue peu d'attrait mais ses ressources naturelles et sa situation géographique en font un enjeu d'avenir face aux appétits de la Chine et de la Russie dans l'Arctique. Voici pourquoi.

A l'offre d'achat de la possession danoise autonome par l'ex-magnat de l'immobilier, la réponse de Copenhague est claire : c’est non. Vexé, Donald Trump a annulé une visite prévue début septembre au Danemark, son allié au sein de l'Otan.

"Terre verte"

Le Groenland -"terre verte" en danois- n'a de végétal que le nom puisque l'île de deux millions de km2 (près de 4 fois la superficie de la France), bordée au trois-quart par les eaux de l'océan Arctique, est recouverte à 85% de glace.

Gemmes et brut

Si le Groenland exporte son poisson, c'est surtout ses entrailles qui suscitent l'intérêt des puissances étrangères: le sous-sol groenlandais recèle en effet des minéraux précieux (or, rubis, uranium, olivine) et des réserves pétrolières et gazières.

Ce n'est pas la première fois que les États-Unis tentent de mettre la main sur le Groenland. En 1867 déjà, le département d'État avait manifesté son intérêt. Puis en 1946, le président Harry S. Truman avait offert en échange de l'île 100 millions de dollars de l'époque - en or - et des territoires en Alaska. En vain.

Les Américains avaient pu en revanche développer leur base aérienne de Thulé, dans l'extrême nord-ouest du Groenland. Forte de 600 hommes, la base de l'Otan opère des systèmes d'alerte pour la détection des missiles balistiques et de surveillance satellitaire.

Des enjeux géopolitiques

A la fin de la Guerre froide, Washington a délaissé l'Arctique mais la donne a changé avec les nouvelles prétentions chinoises et l'interventionnisme de la Russie au-delà de ses frontières.

La Chine a développé une présence qui reste pour l'instant surtout économique et scientifique. Elle tisse sa toile pour gagner des marchés et espère profiter à terme de la route du Nord, qui raccourcit le trajet entre les océans Pacifique et Atlantique.

Quant à la Russie, elle espère devenir dans l'Arctique la première puissance économique et militaire en profitant elle aussi de la route du Nord et de l'ouverture du passage du Nord-Est qui simplifierait la livraison d'hydrocarbures en Asie du Sud-Est.

AFP,rtbf.be