Qu’entend-on par "bullshit jobs", ou "job inutile" ? L’appellation, utilisée pour la première fois par l’anthropologue américain David Graeber, caractérise un travail qui est vécu comme étant vide de sens. Marie-Pierre Preud’homme, consultante et coach en bien-être du travail, témoigne d’une augmentation de travailleurs en questionnement quant à leur activité professionnelle.

Il existe plusieurs types de situation qui peuvent contribuer à une perte de sens au travail. Marie-Pierre Preud’homme en cite trois : "Il y a par exemple le fait d’avoir un travail qui va à l’encontre de ses valeurs. Imaginons quelqu’un qui travaille dans la réinsertion socioprofessionnelle, par volonté d’être acteur à ce niveau-là. Si elle se rend compte, une fois mise au travail, que la seule préoccupation est une rentabilité financière, cela va susciter une remise en question". Cette logique peut même aller un cran plus loin, s’il est question d’utiliser ses compétences à des fins nuisibles ou délétères : "C’est par exemple le cas d’un ingénieur qui va concevoir des produits avec une obsolescence programmée".

"Une troisième situation, poursuit la coach, est l’absence de feedback des bénéficiaires, des utilisateurs finaux ou de la hiérarchie par rapport à son travail. Ou pire encore, un travail non utilisé. Il y a aussi le fait d’avoir des tâches qui sont très éloignées de la mission de la personne, qui ne voit plus le lien entre ce qu’elle fait et la mission première".

D’après son expérience, Marie-Pierre Preud’homme estime que de plus en plus de personnes sont touchées par ces symptômes : "On vient me voir pour ces problèmes de déshumanisation. Elles disent que ce qu’elles font ne les font plus sentir être une personne actrice pour les autres. On parle aussi de brown-out. Elles sombrent alors dans des dépressions, et ont même parfois des idées suicidaires".

Comment sortir du brown-out ?

Que peut-on mettre en place pour retrouver une motivation au travail, et une sensation d’utilité ? Pour Marie-Pierre Preud’homme, il faut avant tout oser regarder la réalité en face : "Il faut se poser la question : si j’arrête de travailler demain, est-ce que quelqu’un sera malheureux ou privé de quelque chose ? Autrement dit, est-ce que j’amène quelque chose à la société ? Si la réponse est non, l’étape suivante est de requestionner ses valeurs".

L’objectif est donc de redéfinir ce qui est réellement important. "Aller trouver la DRH peut faire partie de la démarche, explique la coach, et pourquoi pas se mettre en chemin pour un bilan professionnel et certainement une réorientation professionnelle. Je pense qu’il faut oser le faire tant qu’on a des forces et avant qu’il ne soit trop tard".

Camille Toussaint & Sophie Léonard,rtbf.be

"L’attitude des nationalistes flamands dans la crise gouvernementale sur le Pacte de l’Onu sur les migrations va rendre les négociations en vue d’une coalition entre le SP.A et la N-VA difficiles", a déclaré le président des socialistes flamands John Crombez. La N-VA a lancé hier sur les réseaux sociaux une campagne controversée sur la migration. "La N-VA n’est plus un parti de gouvernement mais une agence de communication" a ajouté John Crombez. "Le côté malsain de cette campagne ne fait que compliquer les négociations à Anvers".

La crise au sein du gouvernement fédéral pourrait bien avoir des répercussions jusqu’à l‘hôtel de ville d’ Anvers. C’est en tous cas ce que semble montrer la réaction du président du SP.A John Crombez. A Anvers, le SP.A et la N-VA ainsi que l’Open VLD ont accepté de s’assoir autour de la table pour négocier la formation d’une nouvelle coalition.

Hier, la N-VA a publié une campagne controversée sur les médias sociaux, qui a fait déclarer à Filip Dewinter (Vlaams Belang) qu'il pourrait en être l'auteur. Plus tard, la N-VA a retiré cette campagne, parce qu'elle était "devenue elle-même l'objet d'un débat politique".

"La N-VA n’est plus un parti de gouvernement mais une agence de communication", a réagi John Crombez. "La campagne N-VA d'hier était malsaine. Cela rend les choses plus difficiles. Nos représentants se sont réunis autour de la table pour changer la politique sociale à Anvers. Le côté malsain de cette campagne ne fait que rendre les choses plus difficiles.

Néanmoins, le SP.A ne quittera pas pour l'instant la table des négociations à Anvers : "Des discussions de fond sont en cours", a encore déclaré John Crombez.

Eric Steffens, VRT.BE

Si l’accord de gouvernement de la Région est presque sur les rails, les syndicats, eux aussi sont sur les starting-blocks. Et parmi eux la CSC. Pour Marie-Hélène Ska, secrétaire générale du mouvement, l’absence des gouvernements empêche toute avancée dans les négociations sociales. Sur un plan fédéral, le syndicat chrétien s’inquiète du dérapage budgétaire chronique de 10 milliards tous les 5 ans et des conséquences que cela entraîne sur la sécurité sociale. Quant à la perspective d’augmenter la rémunération du futur remplacement de Dominique Leroy à la tête de Proximus, "pas question", répond Marie-Hélène Ska, alors qu’une loi gèle les salaires de l’ensemble des travailleurs.

Enseignement: un bon point

Il faut dire que la CSC a bataillé ferme contre la précédente majorité. A la Région comme au Fédéral. Face à l'accord de gouvernement pour la Wallonie, Marie-Hélène Ska veut "prendre le temps de lire les accords wallons. Car le diable se cache dans les détails". Du côté des bonnes nouvelles figure le maintien du tronc commun et du pacte excellence dans l’enseignement : "Sans être béat, on constate un consensus fort sur le long terme, il faut garder le cap".

Mais pour la secrétaire générale de la CSC, les manquements sont nombreux et il faut aller vite : "Aucune réponse n’a été apportée à la crise des blouses blanches ni sur les pensions ou la négociation des salaires à l’avenir. Il faut apporter des réponses concrètes aux attentes du monde du travail". Elle constate la difficulté d’apporter des réponses globales plutôt que fédérale, régionale et communautaire. "Il faut des réponses articulées entre le régional et le fédéral."

L’absence de gouvernement: un mauvais message aux électeurs

Même sans gouvernement, explique Marie-Hélène Ska, les trains roulent, les élèves sont dans les classes et les patients sont soignés. "Le pays n’est pas à l’arrêt, mais nous avons besoin de gouvernements rapidement parce que les services, et notamment la justice, ne peuvent pas fonctionner avec des douzièmes provisoires. L’électeur se demande alors pourquoi encore aller voter"

Pour elle, le temps presse : "Il faut des gouvernements qui tracent un cap, qui peuvent négocier les salaires et trouver des solutions au problème de la sécurité sociale. Ainsi, pour les pensions, l’âge est porté à 67 ans, mais rien n’est réglé sur la pénibilité du travail."

L’absence de gouvernement a aussi un impact sur les salaires : "Nous savons qu’il faut un interlocuteur politique pour la négociation sociale. Il faudra des textes et voter des budgets. Dès que l’on veut aller au-delà de 1,5% d’augmentation salariale, il faut un interlocuteur. Un gouvernement d’urgence ne peut pas mener de politique sur le long terme".

Le déficit budgétaire chronique : un danger pour la sécu

D’ici 5 ans, la Belgique creusera un déficit de 13,3 milliards d’euros. Et pour la secrétaire générale de la CSC, les recettes de sécurité sociale sont clairement insuffisantes. "Il faut sortir du carcan qui veut que l’on n’augmente pas les recettes. Il faut en chercher de nouvelles, un Etat n’est pas crédible quand il annonce que tous les 5 ans il faut aller cherchez 10 milliards d’économie. Le travail n’a pas été fait (ndlr: par les gouvernements). La sécurité sociale est en danger aujourd’hui. Le chômage et la santé, c’est l’affaire de tous. On ne peut pas demander, comme le font les patrons de prendre des mesures dans la sécurité sociale et accepter que l’on réduise les cotisations sans aucune évaluation."

Les blouses blanches

Des actions sont envisagées d’ici la fin de la semaine. Des actions que la CSC justifie par le fait que l’angoisse du personnel soignant pèse également sur les patients déjà fragilisés par les maladies.

Augmenter les rémunérations du patron de Proximus? Pas question

Reste la question qui fait débat au sein des syndicats: faut-il augmenter le plafond des rémunérations des CEO des entreprises publiques. La réponse fuse: "Dominique Leroy a montré que La rémunération ne fait pas la qualité du dirigeant. Aujourd’hui c’est le personnel de Proximus qui fait marcher Proximus, malgré le départ de Dominique Leroy."

Mais il y aurait aussi un sentiment d’injustice : "Quand on gagne 900.000 euros ou 1,5 million d’euros, cela ne change pas les fins de mois. Il est impossible de revoir la rémunération à la hausse alors que, par ailleurs, une loi gèle les salaires de l’ensemble des travailleurs et que les salaires minimums sont à un niveau indécent." Et quoi qu’il en soit, la CSC veut la garantie du Conseil d’Administration de Proximus que le plan de restructuration prévu ne sera pas remis en question: "Le CA doit être garant de la continuité".

 Jean-Claude Verset,rtbf.be

Ce jeudi, le Parquet du Luxembourg a transmis au gouverneur de la province de Luxembourg le dossier électoral relatif aux élections communales de Neufchâteau ainsi qu’une copie du dossier répressif. Le 21 mars dernier, dans le cadre d’une suspicion de fraude aux fausses procurations lors des dernières élections, la justice a inculpé 21 personnes pour faux, usage de faux et participation à une association de malfaiteurs dont le bourgmestre de Neufchâteau, Dimitri Fourny. A partir de ce jour, comme le veut la procédure, le gouverneur dispose d’un mois pour valider le scrutin.

Débats publics

Dans les jours à venir, l’administration régionale va rédiger un rapport d'instruction du dossier électoral sur les irrégularités pointées. Ce rapport ainsi que l’audition des témoins convoqués seront débattus en audience publique le 4 avril prochain dans la salle du Conseil provincial. Si les irrégularités sont susceptible d’influencer la répartition des sièges entre les différentes listes, les élections communales seront annulées. Dans le cas contraire, elles pourraient être validées. On saura, avec certitude, fin avril, s'il faudra à nouveau voter au niveau communal à Neufchâteau.