Toute l’Europe en parle... sauf la Hongrie: comment le pays de l'eurodéputé dissimule le gang bang clandestin

Alors que presque toute l’Europe a entendu parler de la partouze clandestine interrompue à Bruxelles, dont faisait partie l’eurodéputé hongrois József Szájer, il y a un pays où la population est plutôt tenue à l’écart de l’information. Et c’est la Hongrie elle-même. Plusieurs grands médias nationaux n’y évoquent pas du tout la polémique ou se limitent à l’annonce sèche de la démission de l’homme politique. Un quotidien avance même la théorie du complot

Par exemple, le journal de droite Bors ne mentionne aucun des excès de Szájer dans son édition du jour, mais, coïncidence ou non, un long article est consacré ce mardi à la façon dont les Belges “ne respectent pas les mesures du coronavirus”. Sur le site web du journal, la démission de Szájer n’est même pas mentionnée, le dernier article sur l’eurodéputé remontant au 8 septembre de l’année dernière.

“Une manœuvre politique?”

Le journal conservateur Magyar Nemzet, “Nation hongroise”, présente l’affaire brièvement, mais en reprenant surtout la déclaration officielle de Szájer, sans mentionner d’autres détails sur cette “fête à domicile”. Par le biais d’un analyste, le journal avance que des dizaines d’autres diplomates, membres du Parlement européen et personnalités bruxelloises participaient aussi à la fête.

“S’il y avait tant de personnes importantes, pourquoi n’a-t-on parlé que de Szájer? Cela ferait-il partie d’une manœuvre politique?”, suggère le quotidien en pointant du doigt les discussions tendues avec l’Union européenne sur le budget pluriannuel. Pour rappel, la Pologne et la Hongrie restent décidées à mettre leur veto au budget de l’UE si leur demande de retrait des conditions liées à l’État de droit n’est pas entendue. Le quotidien estime particulièrement étrange que seule la présence du conservateur hongrois appartenant à Fidesz, le parti de Viktor Orbán, soit mise en avant alors que bien d’autres personnalités influentes étaient aussi de la partie.

 “Pression mentale” sur Szájer 

Le journal pro-gouvernemental de langue anglaise Hungary Today dissimule aussi complètement les circonstances de la démission de Szájer et explique comment “la lutte politique quotidienne a exercé une pression mentale croissante” sur l’homme ces derniers temps.

En revanche, un autre grand tabloïd du pays, Blikk, qui est de gauche, se penche en détail sur le scandale de “la fête du sexe”, “l’orgie”, les drogues trouvées sur place, et la fuite de Szájer par la gouttière. Index, le plus grand média d’information indépendant du pays, mentionne également l’eurodéputé et “l’orgie” bruxelloise. Plus de 70 journalistes ont rejoint le journal cet été pour protester contre le gouvernement du Premier ministre Orbán. Le journal donne également le point de vue complet du parti d’opposition Jobbik sur la question.

La source: 7sur7.be