Urgence climatique ? Wacht een beetje

Les manifestations sur le climat font visiblement déraisonner les ministres : entre Joke Schauvliege qui invente des complots surveillés par la Sûreté de l’Etat ou Marie-Christine Marghem qui revendique désormais la maternité de la nouvelle loi climat !

 

"Je sais qui se cache derrière ce mouvement, tant pour les manifestations dominicales que pour les marches des jeunes pour le climat. On me l'a aussi dit à la Sûreté de l'État". La ministre flamande de l’Environnement CD&V justifiait ainsi les manifestations devant un parterre d’agriculteurs du Boerenbond. Elle a fini par reconnaître qu’elle avait inventé ce "complot" de toute pièce.

Mais c’est sans doute une large part de la classe politique flamande qui semble aujourd’hui face à une mobilisation que bien peu ont vu venir, au point d’inventer des manipulations.

Côté francophone, le MR a fini par rejoindre les autres formations. La ministre fédérale du Climat s’arroge même le rôle central dans les dernières avancées. Pourtant, il y a quelques semaines, la Belgique votait contre des directives européennes pour le climat. La ministre mettait en cause "les Régions". Mais depuis le gouvernement est tombé et plus rien ne lie directement le MR à la N-VA. La ministre Marghem peut à présent pointer du doigt les nationalistes, comme les libéraux l’avaient déjà fait avec le pacte sur les migrations. Le MR 2019 n’est pas celui de 2018, actant au passage l’échec (relatif ?) d’une alliance avec la N-VA.

… et N-VA

Les nationalistes demeurent le premier parti du pays et devraient le rester après le 26 mai. Une réalité avec laquelle il va falloir composer, surtout au nord du pays, ce qui explique partiellement la frilosité du CD&V et de l’Open VLD face à la nouvelle loi climat. La N-VA répète que la technologie (laquelle ?) permettra de régler le problème climatique et elle est aussi (avec la FEB) le dernier partisan du nucléaire au-delà de 2025.

Majoritairement, la Flandre politique bloque toute avancée dans la lutte contre le réchauffement climatique, alors que le mouvement est parti du nord du pays. Les formations réticentes sont aussi assez proches des milieux patronaux, frileux face à des réglementations trop strictes ou rapides.

Mais surtout, cette loi climat "impose" l’indispensable concertation entre les Régions où l’une d’entre elle ne peut tout bloquer… ce que fait la Flandre depuis plusieurs années.

En Flandre, l’urgence du défi climatique passe visiblement après des intérêts particuliers et communautaires. L’autonomie de la Flandre n’a pour eux pas de prix.

 

rtbf.be