Procès du Musée juif : " C'est aussi la culture qu'on veut tuer "

Les conseils du Musée juif ont plaidé ce mercredi après-midi devant la cour d’assises de Bruxelles. Me Maxime Nardone a voulu insister sur le choix du Musée juif par les auteurs de l’attentat du 24 mai 2014. « On a parfois essayé de vous faire oublier la réalité en parlant de 'pseudo attentat' ou d’assassinats ciblés », a-t-il déclaré au jury. « Pour la défense, il n’y aurait aucune logique à toucher le Musée juif alors qu’une synagogue se situe à proximité et qu’un festival de jazz se déroulait non loin », a rappelé Me Nardone. Or, le choix d’attaquer le Musée juif est finalement plutôt « évident ». L’institution culturelle n’a pas été « prise pour cible au hasard ».

 

Maxime Nardone prévient : l’acte antisémite est indéniable mais ce serait une erreur de croire que seules les personnes de confession juive étaient visées. « C’est aussi la culture qu’on veut tuer, dénonce Me Nardone. La culture a toujours fait peur aux radicaux car elle constitue notre meilleure arme contre leur idéologie de haine et de violence. L’art est la cible privilégiée de l’EI […] Il lui fait tellement peur qu’il s’est doté d’une unité spéciale chargée de détruire les monuments historiques, comme à Palmyre. »

Il fallait mettre Bruxelles à feu et à sang.

Mais pourquoi viser Bruxelles ? Selon Me Nardone, l’Etat islamique « a tout fait pour qu’une coalition internationale se forme pour le combattre. Il essaie toujours de se faire passer pour une victime – cela vous rappellera peut-être quelque chose – pour convaincre les musulmans du monde entier à le rejoindre. Il leur fait croire qu’il a besoin d’eux pour le sauver ». Preuve en est, selon l’avocat, la vague de jeunes combattants occidentaux partis rejoindre l’EI en 2015. « Il fallait frapper l’Occident, il fallait mettre Bruxelles à feu et à sang », a martelé Me Nardone.

Quatre mois après l’attentat, la Belgique rejoint la coalition internationale. Mission accomplie.

Pour ce faire, des terroristes belges ou français sont choisis pour « se fondre dans la masse ». Au premier rang de ces unités chargées d’opérations extérieures figurent les Belges Oussama Atar, Abdelhamid Abaaoud et Najim Laachraoui, a-t-il rappelé. « Le loup passe pour un agneau afin de passer sous les radars. Lorsque Mehdi Nemmouche part de Syrie, il a une mission claire », attaquer le Musée juif de Belgique, assure l’avocat. « Quatre mois après l’attentat, la Belgique rejoint les Etats-Unis dans une coalition internationale et combat en Irak. Mission accomplie », a-t-il tranché.

S’adressant à Mehdi Nemmouche, Maxime Nardone admet que le musée a mis « un genou à terre pendant quelques mois », mais, précise-t-il, « le musée est aujourd’hui plus vigoureux que jamais. Il est plus que jamais un lieu de rencontre où les juifs et les musulmans apprennent de leur histoire commune. »

 

rtbf.be