"Lundi, les informateurs royaux ne pourront que constater l’échec de leur mission"

La N-VA a réagi vivement à l’information selon laquelle le PS refuserait toute discussion avec elle au niveau fédéral. Les ponts semblent donc définitivement coupés entre les socialistes francophones et les nationalistes flamands au point que le chroniqueur politique de la VRT Ivan De Vadder s’interroge sur une éventuelle fin de mission des informateurs Johan Vande Lanotte et Didier Reynders (MR).

Malgré la discrétion demandée par ces informateurs royaux Didier Reynders (MR) et Johan Vande Lanotte (S.PA), certaines informations ont percé. "Toutes les formations des gouvernements régionaux sont liées à ce qui se passe au niveau fédéral. Et il faut bien constater que c’est un échec", explique le chroniqueur politique Ivan De Vadder.

"A 6h43 ce mardi, l’ancien secrétaire d’Etat Theo Francken a tweeté "Le PS refuse toute discussion avec nous. Mais nous ne la refusons pas. Diaboliser, pendant des années, le plus grand parti du pays et le considérer comme 'cryptonazi' conduit naturellement à de l'ingouvernabilité. Ne me parlez pas d'hommes d'Etat. Ceux qui disent tant l'aimer (le pays ndlr.) le conduisent à la tombe".

"Cela signifie la fin de la mission d’informateurs, on ne peut pas le voir autrement. C’est clair et net : la seule solution qui a été recherchée par les informateurs était de former une coalition entre le PS et la N-VA. Or cette solution semble impossible actuellement" ajoute Ivan De Vadder.

"Cela signifie aussi, et c’est la deuxième conséquence – comme l’a déclaré la cheffe de groupe N-VA au parlement bruxellois, Cieltje Van Achter, dans De Tijd, que la formation des gouvernements régionaux est dissociée de celle du gouvernement fédéral et que des avancées peuvent être faites. On le remarque par exemple au niveau wallon, où le PS et Ecolo négocient déjà en vue de la formation d’un gouvernement minoritaire. Des négociations sont bien avancées également  au niveau bruxellois et au niveau flamand aussi les choses pourraient aller très vite".

La mission des informateurs a-t-elle échoué ?

"Je le pense oui", ajoute Ivan De Vadder. "Ils doivent faire leur rapport lundi. Et que vont-ils dire ? Que les deux partis qui doivent prendre leur responsabilités refusent de se parler ? C’était en effet la formule utilisée par tout le monde après les élections : "Les deux plus grands partis des deux côtés de la frontière linguistique doivent prendre leurs responsabilités. Or si ces deux partis refusent de se parler, c’est que vous avez échoué.

A présent quelqu’un d’autre doit reprendre le flambeau avec comme seule et unique mission : faire en sorte que ces deux partis se reparlent. Les observateurs me disent qu’il n’y a qu’une solution pour cela : prendre du temps, du temps et encore du temps. Or le temps nous ne l’avons pas".

"Un budget doit être présenté en octobre ainsi qu’un plan climat. Et pourtant il faudra du temps pour trouver une solution. Je crains que nous soyons maintenant partis pour voir se succéder une série d’éclaireurs royaux, qui auront tous la même mission. Avoir du temps ou prendre le temps."

"Cieltje Van Achter et Theo Francken affirment que leur parti, la N-VA, est prêt à discuter. Quelles en sont les conséquences ?

Pour Ivan De Vadder : "Au PS, on n'est pas prêt. Le parti socialiste veut former une coalition la plus progressiste possible et c'est vers quoi ce parti se dirige en ce moment. Regarder vers la droite, en direction du MR, ou en direction de la N-VA, est impossible et cela signifie aussi que le MR est laissé de côté. A Bruxelles, le MR est dans l'opposition depuis 2004, et cela sera probablement encore le cas dans le prochain gouvernement. Et du côté wallon, le PS n'essaie pas non plus d'associer le MR à cette coalition minoritaire dans laquelle PS et Ecolo sont à la recherche d'un soutien extérieur. En premier lieu, ils misent sur les parlementaires CDH et peut-être même sur le parti humaniste dans son ensemble."

Et chez nous en Flandre ?

"En Flandre, une formule de coalition semble évidente , la reconduite de la coalition actuelle (N-VA, CD&V et Open VLD). Ce gouvernement est majoritaire, même en affaires courantes, ce qui faciliterait les choses. Mais il y aurait tout de même un inconvénient majeur à la formule actuelle :  il s’agit d’une coalition de perdants. Or, il n'est jamais agréable de former une équipe de cette façon. Ensuite, il faudra négocier et examiner la question. Il ne faut pas oublier que nous sommes toujours dans la phase où la N-VA discute avec le Vlaams Belang. Il nous reste donc à passer à la vitesse supérieure. En soupesant bien le pour et le contre, avec ou sans le Vlaams Belang" conclu Ivan De Vadder.La direction de la N-VA se réunit ce soir. Demain matin on devrait en savoir plus

Ivan De Vadder signale que la direction de la N-VA se réunit ce soir. "D'ici demain matin, je suppose que nous en saurons plus. Si le message est que le PS refuse toute discussion avec la N-VA, alors il n’y a plus aucune raison d’attendre une avancée des discussions au niveau du fédéral. Et tout pourrait aller très vite".