Ce texte est une carte blanche rédigée à Schaerbeek le 4 mai 2019 par Christian Delstanches, directeur honoraire de l’école n°1, Marc Guiot, directeur honoraire de l’enseignement de promotion sociale communal, Alain Marchal, directeur honoraire de l’Institut Frans Fischer, Georges Verzin, conseiller communal MR, ancien échevin de l’Instruction Publique et Claude Wachtelaer, ancien inspecteur coordinateur de l’enseignement communal.

Dans son domaine, chacun des signataires connaît bien l’école communale n°1 de Schaerbeek, et plus largement, le groupe scolaire « La Ruche – Josaphat » qui abrite aussi l’Institut technique Frans Fischer, depuis plus de 40 ans. Tous les cinq, nous avons œuvré, avec de nombreux autres, à faire de ce groupe scolaire un modèle. Et nous étions, et sommes toujours fiers, que le réalisateur Roger Beeckmans y ait passé une année entière pour tourner son film « Une leçon de tolérance ». Aujourd’hui, après les événements qui ont commencé le 25 avril et que les médias ont largement relayés, nous sommes partagés entre des sentiments divers qui vont de la colère à la tristesse en passant par le découragement.

Le 25 avril, des parents récupèrent leur petite fille à la sortie de l’école. De retour à la maison, la maman constate que la petite a des traces de sang dans sa culotte. Elle soupçonne quelque chose d’anormal et retourne à l’école. Immédiatement, l’école réagit d’une manière que nous n’hésitons pas à qualifier de parfaitement professionnelle : recours à l’infirmière scolaire, information à l’échevinat, réorientation vers l’hôpital le plus proche.

Les écoles sont régulièrement confrontées à des situations délicates. Elles sont conscientes de la fragilité des enfants confiés à leur garde, elles font de leur mieux pour assurer les meilleurs contacts possible avec les familles, surtout quand elles sont implantées dans des quartiers où les populations fragilisées sont présentes en majorité.

Face à ces difficultés, les écoles communales de Schaerbeek peuvent compter sur des appuis au niveau de l’administration communale, mais aussi des PMS et des services de promotion de la santé à l’école.

Et pourtant, dès le jeudi soir, soit quelques heures après les faits, tout dérape. La rumeur se propage à une vitesse fulgurante. Il y a suspicion de viol, voire viol tout simplement.

Malgré la prise en charge de l’enfant par le service spécialisé de l’hôpital Saint-Pierre, malgré la plainte déposée par les parents avec les encouragements des autorités communales, la rumeur continue d’enfler. Un pédophile agirait dans l’école, menaçant la totalité des enfants et il faut donc fermer celle-ci. L’ensemble des détenteurs de l’autorité (direction, bourgmestre, échevin, médecins, police, justice) formerait une alliance pour cacher la Vérité (qui est, forcément, que la petite a été violée par « un méchant monsieur »).

Dès ce moment, l’irrationnel prend le dessus. Il s’enflammera lors de la manifestation du lundi 29 et culminera lors de la mini-émeute du mardi 30. Ce jour-là, une foule excitée criera « école pédophile » et des dames, d’âge mûr et d’apparence respectable, jetteront des projectiles sur des policiers qui protègent l’école.

Ce groupe scolaire, nous y avons travaillé, nous y avons mené des projets avec de nombreux partenaires. Nous y avons toujours défendu des principes humanistes. Lors de l’inauguration de ce bijou « Art nouveau » en 1907, un échevin avait déclaré : « les écoles sont les palais du peuple, on ne peut les faire ni assez grandes, ni assez belles ». C’était notre conviction quand nous étions en fonction, ça l’est encore aujourd’hui, malgré les dégâts causés par cette triste affaire.

La bêtise au front de taureau a tout ravagé. On a pensé qu’un pédophile rôdait dans les couloirs d’une école dont le personnel est essentiellement féminin. On a avancé l’idée que la petite aurait été abusée après « avoir été déshabillée par un méchant monsieur », sans s’étonner que personne dans le personnel ne remarque rien. On a dit que l’école et les autorités communales, qui ont réagi quasiment dans l’heure, voulaient cacher la vérité. On a crié que si « c’était une enfant blanche, ça se passerait autrement », qu’« en Turquie, on n’aurait mis qu’un jour pour trouver les coupables », on a hurlé « où sont les conseillers communaux musulmans, où sont les conseillers communaux turcs (?) » devant une école pour laquelle, depuis trente ans le « vivre ensemble » a toujours été au cœur de projets pédagogiques.

Quelle tristesse pour nous face à ces dizaines de personnes déchaînées. Mais quelle colère aussi face aux chacals qui ont profité de ce triste fait divers pour l’exploiter politiquement. Nous accusons ces quelques conseillers communaux qui ont encouragé les réactions émotionnelles, qui ont contribué à propager des rumeurs ou des fantasmes ou qui n’ont rien fait pour les démentir ni pour calmer les esprits. Ces racistes aussi, qui ont profité des tribunes offertes par les forums des médias pour déverser leur fiel. Ces bonnes âmes, enfin, qui trouvent qu’il y a aussi des désordres lors de matchs de foot (sans voir que gueuler dans un stade, ce n’est pas tout à fait la même chose que casser les vitres d’une école) ou qui excusent des débordements inadmissibles parce que les manifestants feraient partie de ces nouveaux prolétaires que sont les habitants issus de l’immigration (en oubliant que certains de ces habitants issus de l’immigration sont belges et parfois échevins ou conseillers communaux).

Quelle tristesse aussi de constater que ce vendredi, si les parents admettent enfin que leurs soupçons étaient totalement infondés et s’ils appellent au calme, ils n’ont, pas plus que leur avocat, eu le moindre mot d’excuse pour l’équipe éducative de l’école 1, ni pour celle de l’institut Frans Fischer qui cohabite dans le groupe scolaire. Ces deux équipes doivent reprendre leur travail lundi et reprendre leur mission, qui est celle de l’école, accueillir sans distinction d’origine, de religion, de sexe, les élèves qui leur sont confiés et en faire des citoyens responsables. Ce travail ne peut se faire que dans la sérénité et nous avons honte pour tous ceux qui ont, pour des motifs inavouables, perturbé une des tâches les plus nobles qui soient : éduquer la jeunesse. Nous adressons notre soutien inconditionnel à toute l’équipe éducative du Groupe scolaire « Ecole 1 – La Ruche ».

Christian DELSTANCHES, Directeur honoraire de l’école n°1

Marc Guiot, Directeur honoraire de l’enseignement de promotion sociale communal

Alain MARCHAL, Directeur honoraire de l’Institut Frans FISCHER,

Georges VERZIN, Conseiller communal MR, ancien échevin de l’Instruction Publique

Claude WACHTELAER, Ancien Inspecteur coordinateur de l’enseignement communa

Quel bilan « Justice » pour la législature sortante ? Et quelles sont les attentes et recommandations du secteur pour les politiques à venir ? C’est ce dont Eddy Caekelberghs discute avec Marie Messiaen, la présidente de l’Association syndicale des magistrats, et Jean-Pierre Buyle, le président de l’Ordre des barreaux francophone et germanophone de Belgique.
Le bilan de la législature

En ce qui concerne le volet de la justice, Jean-Pierre Buyle parle d’une période interpellante et complexe. « On a eu un ministre de la justice extrêmement actif, qui est venu avec beaucoup d’idées. » Il veut donc être juste, et équilibré. « Il y a eu de très bonnes choses, il y en a eu aussi des moins bonnes. Je pense qu’il y a eu une vraie vision, on a un ministre de la Justice qui s’inscrira dans l’histoire, qui a modernisé la justice, comme avec le droit des sociétés, la réforme des droits des successions, etc. Par contre, au niveau du Code pénal, l’instruction criminelle : les textes sont là, mais ils ne sont pas aboutis. » Certaines autres mesures positives, comme l’accès à la justice pour les pro deo, font partie des bons points du gouvernement sortant que Jean-Pierre Buyle tient à souligner. Mais, à côté de cela, il souligne de gros soucis. « La justice est le mal aimé des derniers gouvernements, et particulièrement de celui-ci. Les chiffres sont tous au rouge : il y a une insuffisance de personnel qui est flagrante, avec des justiciables qui ne sont pas jugés, des problèmes de droit familial, de garde des enfants, ... Est-ce que c’est anormal ? Oui ! » Ces situations sont d’ailleurs symptomatiques d’un problème de budget, notamment. « La justice n’est pas le troisième pouvoir, elle est un des trois pouvoirs ! Ce qui a manqué dans ce gouvernement, c’est la considération du pouvoir judiciaire en tant qu’homologue, un équivalent, et pas comme un service du ministère de la justice auquel on applique une austérité budgétaire. »

 Des revendications pour demain

Avant tout, Jean-Pierre Buyle réclame du respect à l’égard du pouvoir judiciaire. Ensuite, une revendication budgétaire est avancée. « Il faut qu’on s’aligne avec les États membres de l’Union européenne. La moyenne des états consacrent 2% de leur PIB à la justice. En Belgique, on est entre 0,3 et 0,5% ! Voilà où on se trouve. » De son côté, Marie Messiaen, la présidente de l’Association syndicale des magistrats, étend la notion de respect aux justiciables. « Le justiciable a le droit, en tant que contribuable, d’être reçu d’une façon digne. On parle des bâtiments, de délai de traitement, au niveau de l’arriéré, ... Tout ça crée un sentiment très dangereux d’amertume, d’aigreur vis-à-vis de la justice. »

 Tout à la prison?

Les exécutifs se succèdent, mais rien ne change sur la politique carcérale, malgré les demandes répétitives des acteurs de terrain de trouver des solutions alternatives au « tout à la prison », comme le souligne Marie Messiaen. Cependant, Jean-Pierre Buyle souligne que le gouvernement Michel a fait « un tout petit effort » sur cette question. « Le nombre de détenus entre la prise de fonction du dernier gouvernement et aujourd’hui a légèrement diminué, mais moins qu’il n’en conviendrait : on enferme toujours trois personnes sur 9 mètres carrés pendant 23 heures sur 24. La surpopulation est intolérable, la manière dont on traite les prisonniers est inacceptable. La Belgique est dans le peloton de tête où il y a le plus de prisonniers par habitant, d’une part, mais surtout le plus de prisonniers en détention préventive, c’est-à-dire des personnes qui n’ont pas encore été condamnées. » Et puis il rappelle que des mesures sont à prendre pour la réinsertion, le quotidien, l’accompagnement des prisonniers. Notons qu’aujourd’hui, une mort sur trois en prison est un suicide…

Lucie Hermant, RTBF

 

Sur sa carte de visite, il est écrit « Public Affairs Manager ». « Il n’est jamais explicitement écrit 'lobbyiste', explique Benoît Vivier, c’est trop connoté. » Dans son bureau situé dans le quartier Louise, à Bruxelles, Benoît commence tranquillement sa journée par un café. « Cette période est assez calme pour les lobbyistes. Avec les élections européennes qui approchent, il n’y a plus de travail législatif en cours. »

A 27 ans, Benoît travaille pour l’EENA, une association qui vise à améliorer le travail des services d’urgences, via le numéro 112. « Le lobbying ne concerne pas seulement les grosses industries comme le tabac, explique Benoît, il y a aussi des ONG, des associations comme la nôtre qui œuvrent pour l’intérêt général et apportent des informations aux députés chargés de faire la législation. C’est une sorte de lobby citoyen. »

Incroyable de voir l’impact qu’on peut avoir

Récemment, le travail de Benoît a par exemple permis d’améliorer la localisation des appels d’urgence. « Dans la plupart des pays européens, un appel d’urgence est localisé dans un rayon de 2km. Ça représente une surface énorme qui ne permet pas de secourir assez rapidement les personnes qui ne sont pas en état d'indiquer le lieu précis où elles se trouvent ou l'ignorent, explique-t-il. J’ai poussé pour qu’on se base sur la géolocalisation des smartphones – beaucoup plus précise – et c’est passé dans la législation européenne. »

« Après des heures de travail là-dessus, relate-t-il, j’ai un jour reçu un mail me signalant qu’une vie avait été sauvée grâce à ce nouveau système. C’est incroyable de voir l’impact qu’on peut avoir. »

Avoir un impact sur la société en évitant d’être en première ligne, c’est justement la raison pour laquelle ce diplômé en affaires européennes s’est tourné vers le lobbying. « En tant que citoyens, nous avons tous le désir de changer les choses. Mais on n’a pas forcément tous envie de s’engager de manière frontale en politique », explique Benoît.

Démocratique ?

L’influence de ces lobbyistes peut cependant poser question. Ceux-ci n’étant pas élus, ce fonctionnement est-il vraiment démocratique ? Oui, selon Benoît. « Les lobbies sont essentiels au bon fonctionnement démocratique, assure-t-il. Quand les politiques réfléchissent aux nouvelles législations, il est important que tous les intérêts soient représentés dans la prise de décision. C’est ensuite à eux de se nourrir des informations qu’on leur apporte et de choisir en leur âme et conscience. »

Benoît admet cependant qu’il « peut y avoir des abus. D’autant que certains lobbies fonctionnent de façon sournoise. Des industriels ont par exemple créé de 'fausses' associations pour tenter de détourner l’attention et freiner certaines avancées. La transparence est donc essentielle. On doit savoir quels lobbies travaillent avec quels budgets. »

On ne solutionne pas tous les problèmes avec des lois

Aspect moins connu du travail du lobbyiste : les relations avec les compagnies privées et tout particulièrement les GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple). « Ces acteurs transnationaux non-étatiques sont devenus tellement puissants qu’on ne peut pas fonctionner sans eux », explique Benoît.

« Pour défendre notre cause – la meilleure location des appels d’urgence - on a eu des contacts avec Google, qui s’est montré très ouvert, précise-t-il. L’avantage de cette option, c’est l’immédiateté. Ça va beaucoup plus vite et c’est directement appliqué à tous les utilisateurs de Google. Si on doit toujours attendre une solution législative pour résoudre tous les problèmes, ça peut prendre 3-4-5 ans. On ne solutionne pas tous les problèmes avec des lois. »

On a l'Europe qu'on choisit

Le 26 mai prochain, Benoît vivra ses premières élections européennes en tant que lobbyiste. « On sait que 60 à 70% des députés européens vont changer. On se prépare déjà à ce renouvellement », explique-t-il. Il appréhende beaucoup les résultats et craint d’assister à une nouvelle montée de l’extrême droite. 

« Nous élisons des députés qui nous représentent, votent des lois, changent des choses », dit-il, insistant sur l’importance du vote. Et conclut : « On a l’Europe qu’on choisit. »

Député européen sans discontinuer depuis 1984, Gérard Deprez ne rempilera pas aux élections européennes le 26 mai prochain, pas plus qu’il ne se présentera aux législatives et régionales belges. Vague populiste, Brexit, Suédoise bis, à quelques jours de sa Der des Ders, Gérard Deprez a donné son opinion sur les ondes de La Première mardi matin.

A l’heure actuelle, on remarque, partout en Europe, une montée du populisme et des eurosceptiques. « Il y a un sérieux avertissement dans pratiquement tous les pays de l’UE. Il y a des gens qui expriment leur mécontentement par rapport à la manière dont l’Europe fonctionne. Elle est opaque et bureaucratique même si elle fait beaucoup de choses positives », explique-t-il. Mais il n’est pas inquiet. « Quant à dire qu’il y aura un déferlement populiste, je n’y crois pas. D’après les sondages on prévoit entre 140 et 150 députés eurosceptiques. »

« Des pays mal à l’aise avec eux-mêmes »

Mais il insiste, il faut prendre, malgré tout, cet avertissement au sérieux. « Si on ne change rien au niveau européen cette vague qui commence peut prendre de l’élan et être plus importante. »

Selon lui, le problème est que ces différents pays sont mal à l’aise avec eux-mêmes. « La Hongrie cherche son identité, l’Italie ne va pas bien et se donne un dirigeant populiste qui va la conduire à l’impasse. Dans chacun des pays il se passe quelque chose de préoccupant. »

A la veille d’un Sommet extraordinaire sur le Brexit, le Royaume-Uni est toujours dans l’impasse. Mais faut-il leur laisser un nouveau délai ? « Je pense qu’on peut leur laisser un nouveau délai, mais qu’il y a une date limite à ne pas dépasser : c’est le 30 juin. Car le 2 juillet on installe le nouveau Parlement européen, on entre dans une nouvelle période, une nouvelle Commission européenne va être installée, on va devoir se prononcer sur les moyens financiers de l’UE pour 7 ans. Donc, la clarté doit être intervenue pour le 30 juin au plus tard. »

On apprenait en outre lundi que le Royaume-Uni a fixé des élections européennes le 23 mai, tout en assurant espérer ne pas avoir à les organiser. « Ce sont les Britanniques qui vont se retrouver dans une situation ridicule. Si jamais il y a des élections et qu’ils doivent quitter l’UE le 30 juin, ils auront fait des élections pour du beurre. »

Une situation surréaliste, « une tragédie grecque ». « Ce sont les Britanniques qui l’ont choisi. Ils disent: "Nous voulons un accord avec les pays européens pour une sortie, mais nous ne parvenons pas à nous mettre d’accord entre nous sur le type d’accord que nous voulons". »

Une Suédoise bis?

Gérard Deprez ne rempilera donc pas aux prochaines élections fédérales et régionales, pour lesquelles les partis dessinent petit à petit leurs stratégies et expriment leurs désirs de coalition. Coté MR, on a le sentiment que le parti est prêt à repartir pour une Suédoise bis. « Le MR fait campagne, exprime ses idées. La chose qui me frappe toujours, c’est que coté francophone, on indique le type de coalition que l’on veut. Mais il y a aussi les Flamands qui votent. Les Flamands sont plus nombreux et plus riches. Donc avant de savoir quel type de coalition on pourra faire, je voudrais voir quel sera le vote des Flamands. »

Il poursuit : « On a accusé le MR d’entrer dans ce gouvernement avec la N-VA, mais si elle était indispensable dans ce gouvernement, ce n’est pas parce que le MR l’a choisie, c’est parce que le CD&V a dit: "Nous n’irons pas dans un gouvernement sans la N-VA, premier parti flamand et de Belgique. Donc si la N-VA est demain le premier parti flamand et de Belgique, il faudra voir s’il est possible de faire sans. Et si ce n’est pas possible, il faudra faire avec".»

Gérard Deprez ne dit donc pas qu’ils ne repartent pas avec la N-VA, mais « qu’on ne pourra peut-être pas faire sans ». Ce qu’il affirme par contre, c’est son souhait que « M. Francken ne soit pas dans l’équipe gouvernementale. » Le député avait lancé un coup de gueule contre Theo Francken sur l’affaire des ressortissants soudanais rapatriés.

Récemment, Alain Destexhe a quitté le parti et a créé sa propre liste. « Il y a quelques petits événements regrettables. Mais dire que c’est à cause de l’alliance avec la N-VA, je ne pense pas. M. Destexhe est parti car il est en désaccord avec la politique d’immigration et d’asile menée par le gouvernement, indépendamment des déclarations de M. Francken que je condamne. »

« Quand vous lisez le programme du MR et écoutez ce que dit le premier, il dit quoi ? Créer de l’emploi. C’est un message fondamental. Sur la politique d’asile et d’immigration, il dit fermeté et humanisme. Sur le plan financier, il dit rigueur mais en tenant compte du fait que nous avons besoin de financer des investissements. »

Une ligne parfois remise en cause en interne. Hervé Hasquin notamment. « J’ai entendu M. Hasquin faire des règlements de compte personnels, ce que j’ai regretté. »

RTBF

Nous sommes les élèves de 2ème et 6ème année primaire de l'école communale de Micheroux près de Liège.
 

En découvrant dans l'actualité que des jeunes se rassemblaient chaque jeudi pour sauver la Terre des dérives climatiques liées à la pollution, nous avons voulu -nous aussi- sensibiliser notre entourage à ce problème.

Ainsi est né notre projet "écologie".

Chaque vendredi de février, nous nous sommes rassemblés en vue de réaliser des panneaux qui seraient ensuite affichés dans l'école et présentés aux parents ainsi qu'à tous les adultes qui fréquentent l'établissement.

Huit thèmes se sont dégagés (le tri des déchets, se déplacer "vert", la déforestation, l'eau polluée, le réchauffement climatique, les animaux en danger, l'énergie verte et la nourriture ).

Sur chaque panneau, nous avons axé nos recherches sur les solutions à apporter au problème traité. 

Nous sommes fiers d'avoir participé (à notre échelle) au mouvement lancé par des étudiants plus âgés que nous.

Nous comptons maintenant mettre ces solutions en pratique dans le cadre de l'école et de nos familles. Il y a en effet de nombreuses choses que chacun peut  entreprendre, parfois simplement en changeant nos habitudes.

Enfin, l'idée de diffuser notre initiative dans les médias nous plaisait. On devrait d'ailleurs -la nôtre comme beaucoup d'autres- les prendre très au sérieux au vu des enjeux.

Nous sommes convaincus que si tout le monde s'y met , le futur sera sauvé.

Les élèves de 2ème et de 6ème primaire de l'école communale de Micheroux.

Cette carte blanche est écrite par les élèves de 2eme et de 6ème primaire de l'école de Micheroux avec l'aide de Madame Antoine et de Monsieur Dell'aquila.  

Des élèves de l'école communale de Micheroux, RTBF

La Fédération bruxelloise du PS élabore depuis dimanche ses listes pour les élections régionales et fédérales du 26 mai. La RTBF a appris à bonnes sources que Delphine Chabbert, secrétaire politique de la Ligue des familles, devrait occuper la quatrième place à la Région.

A la Ligue des familles, Delphine Chabbert occupe également les fonctions de porte-parole et directrice des études. Sur la liste PS aux régionales bruxelloises, elle se présentera comme candidate d’ouverture. Dans différentes chroniques dans les médias, Delphine Chabbert s’est régulièrement positionnée sur les questions liées à l’enfermement des mineurs étrangers, aux droits de femmes, à l’allongement de la durée du congé de paternité… Contactée, Delphine Chabbert n'a pas souhaité commenter l'information. 

La PS tiendrait donc sa candidate de la société civile, à l'instar du cdH avec l'ancien journaliste Philippe Malherbe, Ecolo avec la rédactrice en chef de Marie-Claire Anouk Van Gestel ou encore DéFi avec François De Smet de Myria.

Vervoort, Laanan, Madrane: le trio de tête 

La liste, comme déjà annoncé, sera emmenée par le ministre-président sortant Rudi Vervoort. Fadila Laanan, actuelle secrétaire d'Etat bruxelloise, occuperait la deuxième place et Rachid Madrane, ministre à la Fédération Wallonie-Bruxelles la troisième. Philippe Close, actuel bourgmestre de la Ville de Bruxelles doit pousser la liste. Décumul oblige pour les maïeurs de communes de plus de 50.000 habitants, il ne siégera pas après le scrutin s'il décroche son siège.

Le PS bruxellois devrait également miser sur la fraîcheur avec une figure jeune du parti dans les dix premières places à la Région.

Les candidats régionaux seront officiellement présentés ce mardi à 18 h, lors d'un Congrès de fédération à la Maison du Peuple de Saint-Gilles. Les noms des candidats bruxellois à la Chambre seront également annoncés. Cette liste, on le sait déjà, sera tirée par Ahmed Laaouej. Il sera suivi de l'Ixelloise Caroline Désir: c'est ce qu'a déjà rendu public le parti sur ses réseaux sociaux. Reste encore à connaître les places des députés sortants Emir Kir, Karine Lalieux et Nawal Ben Hamou. Laurette Onkelinx a déjà annoncé qu'elle quitterait la politiqueactive après les fédérales de cette année.

 

rtbf.be

La création d’emplois sous le gouvernement Michel sera sans aucun doute un des points clés que débattront les partis politiques dans la campagne électorale pour le 26 mai.

Charles Michel n’a eu de cesse de répéter son leitmotiv : « Jobs, jobs, jobs ». Alors qu’en est-il vraiment ? Combien d’emplois ont-ils été créés, de quels types d’emplois parle-t-on, ces créations d’emplois sont-elles le fruit du taxshift (réforme fiscale), autre pièce maîtresse du gouvernement Michel ? Voilà les questions auxquelles nous avons voulu tenter de répondre.

Pour ce faire, nous avons consulté plusieurs sources : les indicateurs économiques de la Banque Nationale, son rapport annuel 2018, les rapports annuels du Conseil Supérieur de l’Emploi, ainsi qu’une étude de l’Institut pour le Développement Durable.

Près de 230.000 emplois salariés et indépendants créés

Pour calculer le nombre d’emplois créés, nous nous sommes basés sur les « Indicateurs économiques pour la Belgique de la Banque Nationale ». Nous avons comparé les chiffres du 4e trimestre 2014 (entrée en fonction du gouvernement Michel) et ceux du 3e trimestre 2018 (derniers chiffres connus au 22 février 2019). Entre les deux : une différence de plus 228.500 emplois.

Il s’agit ici d’emplois salariés auxquels s’ajoutent des emplois indépendants, ces derniers ayant donc aussi contribué à la création nette d’emplois.

Le taux d’emploi s’est lui aussi amélioré durant cette même période, il est passé de 67,6% (dans la tranche des 20 à 64 ans) à 70,1% au 3e trimestre 2018. Ce taux d’emploi est le rapport entre la population active occupée et la population en âge de travailler.

S’il a augmenté au cours de ces 4 années, le taux d’emploi reste néanmoins en dessous de la moyenne de la zone euro et de la moyenne de l’Europe des 28 (respectivement de 72,2% et de 73,5%), comme le notait le Conseil supérieur de l’Emploi dans son rapport de juin 2018 : « Si le taux d’emploi s’est amélioré, par contre l’écart par rapport à nos partenaires européens ne s’est pas réduit ».

« L’objectif de 73,2% que s’est fixée la Belgique dans le cadre de la stratégie Europe 2020 est clairement hors de portée », poursuit le rapport.

« La participation à l’emploi des différents groupes de la population est très inégale. Ce n’est pas particulier à la Belgique, mais en revanche l’ampleur de certains écarts est nettement plus grande dans notre pays. Les femmes et les personnes de plus de 55 ans présentent encore un taux inférieur à la moyenne. »


De quelle manière le taxshift a-t-il contribué à cette création d’emplois?

On pense ici notamment aux effets de la réduction des charges patronales accordées aux entreprises dans le taxshift, soit 3,5 milliards d’euros pour faire baisser le coût du travail et sauvegarder la compétitivité des entreprises.

La seule étude connue sur l’impact du taxshift, est celle de quatre économistes de la KUL de septembre 2018. (« Betaalt de taxshift zichzelf terug ? », Leuvense Economische Standpunten). Les économistes de la KUL estiment l’effet du taxshift sur la création d’emplois entre 2016 et 2020 de l’ordre de 65.000 à 92.000 emplois supplémentaires.

Mais si le gouvernement devait encore relever les impôts indirects, disent-ils, pour combler le déficit de financement du taxshift, alors les emplois supplémentaires seraient limités à 43.800.

Pour ces économistes, l’impact du taxshift sur la création d’emplois est donc faible ; celle-ci est surtout imputable à l’amélioration de la conjoncture économique internationale.

Un résultat modeste pour les économistes surtout quand on le compare au coût de la réforme, qui représente un déficit de 7,5 milliards d’euros pour le budget de l’État.

Des prévisions avaient également été effectuées tant par le Bureau fédéral du Plan que par la Banque nationale, c’était en 2015. Avec des résultats qui variaient entre 45.190 emplois créés en 2021 et 64.500 selon les calculs.

D’autres chiffres ont aussi été avancés par la directrice de la Banque nationale, Marcia De Wachter dans un article de Trends le 15 novembre 2017.

Le taxshift aurait contribué en 2016 à 8% du nombre d’emplois créés, 13% en 2017. « Ce chiffre, disait-elle, devrait augmenter jusqu’à 25% de la création d’emplois annuelle. Et pour l’ensemble de la période (2015-2021 compris) le chiffre devrait atteindre 52.100 emplois supplémentaires créés grâce au taxshift. » Des chiffres en baisse donc comparés aux prévisions de 2015 de la même Banque nationale.


Quels types d’emplois ont été créés?

Les caractéristiques des 59.000 emplois créés en 2016 ont été analysées par le Conseil supérieur de l’emploi, dans son rapport annuel 2017.

  • Premier constat : les contrats temporaires (CDD) représentent 52% des nouveaux contrats 2016, contre 9% de CDD dans l’emploi total.
  • Deuxième constat : le travail à temps partiel est surreprésenté. 40% des nouveaux engagés le sont à temps partiels contre 25% dans l’emploi total.
  • Troisième constat : le niveau de revenu des nouveaux engagés est relativement faible : 47% appartiennent au premier quintile contre 23% dans l’emploi total (le premier quintile représente les 20% des ménages les plus pauvres).

La Banque nationale dans son rapport annuel 2018, tire des conclusions similaires.

En 2018, 31% des emplois nouveaux étaient des emplois à temps partiels (cela concerne 4 fois plus les femmes) et 46% des emplois temporaires (soit quasi 1 sur 2).

La Banque nationale a comparé la situation des nouvelles embauches de 2014 et de 2018. Si en 2014, 40% de contrats étaient temporaires, ils sont 46% en 2018.

En 2014, les temps partiels représentaient 27% de l’emploi, contre 31% en 2018.

L’Institut pour le Développement Durable (IDD) a lui analysé les chiffres de l’ONSS en juillet 2018. Ses constats sont plus sévères sur la qualité des emplois créés.

Selon les chiffres de l’IDD, sur 176.000 emplois créés entre 2014 et début 2018, 25% sont des emplois temporaires (cela comprend aussi les emplois saisonniers, intérimaires et occasionnels).

Des emplois temporaires qui ont augmenté de 21% sur cette période. Ces emplois temporaires représentent même la moitié des emplois chez les jeunes de 15-24 ans.

Autre constat : la part des CDD dans l’emploi temporaire tend à diminuer au profit de l’intérim qui représente 23,4% des emplois temporaires en 2017.

L’emploi à temps partiel représente, lui, 64,2% des créations d’emplois entre 2014 et 2018 (c’est principalement vrai en 2015) et 1/3 de cette augmentation est attribuable aux services publics.

Enfin, note l’IDD, pour la majorité des travailleurs, ces temps partiels ne sont pas souhaités ou l’emploi n’est offert qu’à temps partiel.

Subsides salariaux: une particularité belge

Et dans l’évaluation de l’emploi créé, on peut aussi noter une particularité belge. Ici, nous nous basons sur le rapport de janvier 2019 du Conseil Central de l’Economie. Que dit-il ? Qu’en Belgique, les emplois sont plus subventionnés que dans les 3 pays voisins de référence, quand on évalue la compétitivité de nos entreprises et les marges d’augmentations salariales.

« On peut observer l’évolution des subventions salariales et des taux de subventionnement en Belgique et dans les trois pays de référence depuis 1996. », peut-on y lire. « On remarque qu’au cours des dix dernières années, les taux de subventionnement en Allemagne ont stagné et restent peu élevés par rapport aux trois autres pays. »

« Aux Pays-Bas, les taux de subventionnement ont été davantage fluctuants, atteignant un pic en 2009 et s’élevant à 1,28% de la masse salariale. Depuis 2009, le taux de subventionnement n’a cessé de diminuer, à l’exception de 2016 et 2017 où il est légèrement remonté. »

« En France, les taux de subventionnement étaient relativement peu élevés (en dessous de 1%) jusqu’en 2013. A partir de 2014, les taux ont sensiblement progressé, ce qui s’explique par la mise en place du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE). »

« En Belgique, les subventions salariales en pourcentage de la masse salariale sont relativement plus élevées par rapport aux pays de référence », conclut le rapport du Conseil Central de l’économie. « Depuis 1996, ce taux n’a cessé de progresser et semble se maintenir au-dessus des 4% depuis 2010. »

 

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L’âgisme est un type de violence exercée par la société sur les personnes âgées (Nahmiash, 2000). Pour R. Butler (1969), l’âgisme reflète le profond malaise des jeunes et des adultes d’âge mûr face à la vieillesse. Il correspond à une aversion qu’ils ont à l’égard du vieillissement, de la maladie et de l’incapacité ainsi qu’à une peur de l’impuissance et de l’inutilité.

 

Entrons dans l’âgisme par le langage (puisque c’est ma spécialité) : l’over accomodation. Il s’agit d’une manière spécifique de s’adresser aux personnes âgées, caractérisée par une politesse excessive, une prononciation très lente et à forte voix, d’user de phrases très simples voire trop. Ces particularités présupposent un état forcément déficient de son/sa interlocteur.trice. « Une étude va ainsi jusqu’à montrer que l’âgisme influence les attitudes de très jeunes enfants (dès l’âge de deux à trois ans) à l’égard des aînés. » Les vieux/vieilles sont donc parlé.e.s et je pense encore à cet emploi infantilisant dont on se sert avec les jeunes enfants, les animaux, dans certains services hospitaliers, avec les femmes enceintes et les personnes âgées – « Alors on a bien mangé, on va se mettre au lit hein, maintenant », etc. –, dimension apparemment caressante de la communication mais qui en dit long sur le fait que l’on n’attend aucune réponse.

Les représentations de la vieillesse longtemps synonyme de sagesse et de tradition sont devenues négatives : vieux et vieilles inutiles, malades, repoussoir d’une société fondée sur le culte du corps et de la productivité, et, plus genré, l’invisibilité des femmes à partir de 50 ans, le moindre respect de leur intégrité physique quand, plus âgées les femmes ont un cancer du sein… Ces stéréotypes doivent être nuancés au regard des visions tout aussi stéréotypées de la jeunesse. En 2012 Unia, organisme qui lutte contre les discriminations, a publié un ouvrage intitulé « Trop jeunes ? Trop vieux ? » où on peut lire : « Au travail nous sommes très vite taxés de 'vieux', avec toutes les tares que cela présuppose : facultés d’adaptation et capacités cognitives réduites, problèmes de santé, lenteur… Mais être jeune entraîne aussi son lot de stéréotypes : manque d’expérience et de discipline, arrogance, moindre fidélité à l’employeur, etc. ».

Cependant, les stéréotypes sur les jeunes sont davantage ethnicisés (de façon négative) et figés dans une posture sans nuance comme le rappelle de façon humoristique Thomas Guénolé dans son ouvrage intitulé : « Les jeunes de banlieues mangent-ils les enfants ? » (2015) : « Le jeune de banlieue est aussi réaliste qu’une licorne ». On notera encore, en parallèle avec l’actualité, que la jeune militante écologiste suédoise Greta Thunberg fait aussi les frais de son âge dans les attaques des politiques et des trolls sur la toile, par exemple lorsque l’on la compare à une membre de la jeunesse hitlérienne, fanatique et forcément manipulée.

Date de péremption pour les femmes

Mais revenons à la dimension initiale de l’âgisme, avec le prisme genré. La « péremption des femmes » est programmée socialement : la journaliste Mona Chollet consacre un large chapitre à cette question dans son dernier essai « Sorcières » (2018) rappelant les travaux fondateurs de Barbara McDonald, de Susan Sontag, de Sylvie Brunel. Ils nous montrent des femmes redoutées en vertu de leur expérience, des femmes diabolisées en vertu de leur appétence sexuelle malgré la ménopause qui déclasse le corps et le sexe de la femme. J’y ajouterai aussi les réflexions désenchantées de l’écrivaine Benoite Groult, L’autrice des « Vaisseaux du cœur » est d’une autodérision féroce sur les stigmates physiques et psychiques de la vieillesse mais face à la décrépitude de son mari et son amant, sa peau qui consent de partout et surtout sa tête tiennent mieux le coup (Journal d’Irlande 2018). Et elle assume son désir sexuel de « vieille ».

L’écrivaine Colette, rebaptisée « cougar de la belle époque », a souvent mis en scène une sexualité interâge (Le Blé en Herbe, Chéri) qui se terminait tragiquement pour la femme. Implacable l’autrice décrit son héroïne Léa vieillissante et abandonnée : devenue une sorte de vieil homme, sans sexe, couperosée, la bouche pleine d’or au double menton… Mona Chollet évoque aussi cette masculinisation des femmes ménopausées qui leur confèrent parfois une sorte d’aura sociale mais leur enlève tout potentiel sexuel et toute spécificité féminine.

« Vieille peau »

La femme vieille est tout aussi stigmatisée lorsqu’elle « se laisse aller » comme quand elle a recours à l’artifice et à la chirurgie, au nom d’une naturalité : la femme vieillissante doit s’accepter comme elle alors que tout le discours insultant repose sur l’énoncé inverse – « elle est vieille et ça se voit ». Le parfait exemple est le traitement médiatique de Brigitte Macron, entre son iconisation pour sa minceur, son allure, son jeunisme et sa fustigation pour son physique et sa relation avec un homme plus jeune. Parmi les insultes, les « vieilles peaux » voisinent avec des « mères maquerelles, cougars et autre vieille dame de France ».

Les exigences sociales à l’égard d’une femme âgée sont contradictoires. Prenons un exemple actuel : la blancheur des cheveux est aujourd’hui à la mode, pour les jeunes comme pour les femmes ayant décidé de se passer de teinture. Mais alors que la chevelure masculine, quand elle n’est pas rattrapée par la calvitie, s’assume en poivre et sel et tempes grisonnantes séduisantes, la négligence morbide est associée aux cheveux blancs des femmes.

Cela m’a fait penser à une belle chronique en ligne de la linguiste Marie-Anne Paveau sur « la vieille femme sale » – à partir d’une thèse sur la question rédigée par la chercheuse Caroline Darroux sur des vieilles femmes de la région du Morvan, en France. A travers leurs portraits, je reconnais certaines femmes des villages mais aussi urbaines, traînant des paquets de formes diverses, souvent perruquées, trop fardées, clochardes malgré elles mais parfois habitantes de maisons fantômes, errantes des rues, solos et agressives pour rester en vie… Pourtant, les vieilles du Morvan au contraire gomment leur « féminité » canonique de rôle et d’organes : « Elles incarnent une forme archaïque de féminité qui capte la rudesse et la résistance, voire la force, que les stéréotypes attribuent aux hommes ». C’est la raison pour laquelle Paveau les intègre à ses « dérangeantes dégenreuses ». Une perspective de combat pour lutter contre l’âgisme ?

 

Laurence Rosier est licenciée et docteure en philosophie et lettres. Elle est professeure de linguistique, d’analyse du discours et de didactique du français à l’Université Libre de Bruxelles.

 

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