Il se veut le maître des horloges. Jan Jambon, le formateur N-VA du gouvernement flamand, entend boucler l'affaire ce dimanche. Une négociation au finish quatre longs mois après les élections.

La "ligue des perdants", comme l'a qualifiée la presse flamande, est-elle en passe de déboucher sur une équipe gouvernementale ? Annoncé comme imminent depuis le début de la semaine, l'accord pourrait bien tomber ce dimanche. Les partenaires de cette "bourguignonne bis", la N-VA, le CD & V et l'Open VLD, se sont donné rendez vous dès 9h pour un nouveau (ultime?) round de négociations.

Au cœur des débats, l'épineuse question du budget. Faut-il laisser filer les déficits au profit d'une politique d'investissements publics ou au contraire se serrer la ceinture pour redresser les comptes ? Le Nord du pays doit composer avec un trou budgétaire évalué à 600 millions d'euros et la date du retour à l'équilibre provoque des divergences de vue parmi les partenaires flamands.

En revanche, certaines réformes semblent faire consensus. Baisses des droits de succession ou d’enregistrement, investissements dans les pistes cyclables, durcissement des sanctions financières à l'endroit des étrangers dont le néerlandais laisse à désirer et enfin, une vieille revendication de l'Open VLD et de la NV-A, la fin de l'obligation de vote pour les élections communales et provinciales.

Une fois les négociations achevées, comme de coutume, chaque parti convoquera son congrès pour entériner l'accord de gouvernement. Viendra ensuite la question du casting. Quels seront les ministres qui accompagneront Jan Jambon, formateur et ministre-président en puissance, au sein de l'exécutif flamand ? Beaucoup de questions, et à ce stade encore peu de réponses.

Seule certitude, la traditionnelle "Déclaration de Septembre" au travers de laquelle le ministre-président présente au Parlement flamand l’action de son gouvernement pour l’année à venir n’aura sans doute pas lieu en… septembre !

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Ce mardi matin, les cinq ministres du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles ont prêté serment devant les députés de la Fédération. 

Pour Frédéric Daerden (PS), Caroline Désir (PS)Valérie Glatigny (MR) et Bénédicte Linard (Ecolo), c'est une première en tant que ministre.

Pierre-Yves Jeholet (MR) nouveau ministre-président et ancien ministre wallon, aura lui droit à une deuxième prestation de serment, chez le Roi cette fois. 

Rudy Demotte devient président du Parlement de la Fédération

Rudy Demotte remplace Philippe Courard à la présidence du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Aujourd'hui, le Parlement de la Fédération s'est également choisi un nouveau président, Rudy Demotte (PS). Lors des négociations et derniers arbitrages de casting, l'ancien ministre-président de la Fédération n'avait pas obtenu de portefeuille ministériel.

Le voici donc au perchoir du parlement de la Fédération où il succède a Philippe Courard (PS).  Lors de son premier discours en tant que président du Parlement, Rudy Demotte a invité les parlementaires à faire de l'assemblée un "lieu de courage, de résistance, de propositions" face aux inquiétudes que génère la mondialisation, à la montée des populismes, du racisme et de l'antisémitisme.  La Communauté française n'est pas seulement l'institution de citoyens qui partagent une même langue, elle porte en son sein la défense de valeurs telles que la "liberté" et la "fraternité".

Le travail va pouvoir commencer

Première réunion de travail des ministre de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Avant même d'aller chez le Roi, le nouveau ministre-président de la Fédération a organisé une première réunion de travail avec ses ministres. Quelques minutes à peine, histoire surtout de montrer la volonté du nouveau gouvernement de passer à l'action. Ensuite, Pierre-Yves Jeholet s'est tout de même rendu chez le Roi où il était attendu pour prêter serment.

 

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Le co-président d'Ecolo Jean-Marc Nollet ne veut pas d'une taxation kilométrique en Wallonie, alors que ce principe est soutenu par les écologistes à Bruxelles. Au sud du pays, "le système n'est pas prêt, n'est pas mûr. En Wallonie, on doit penser différemment. Ce qui est nécessaire, c'est d'imaginer des offres suffisantes pour que les gens se passent de l'utilisation non nécessaire de leur voiture", confie-t-il ainsi dans les colonnes de L'Echo samedi.

Le sujet de la taxation au kilomètre ne s'est pas retrouvée dans le texte de l'accord de gouvernement wallon, scellé en début de semaine. À Bruxelles, pourtant, où Ecolo fait partie de la majorité, on menace d'avancer seul, sans les autres Régions. "La Wallonie a une longue tradition de dialogue avec ses voisins. Nous dialoguerons. La réalité en Wallonie n'est pas la même", estime Jean-Marc Nollet.

Il en appelle donc à la concertation et invite la Flandre dans ce cadre. "On arrivera à une solution si une Région n'impose pas son point de vue à d'autres", dit-il.

Pour le co-président d'Ecolo, "l'enjeu n'est pas d'aboutir à 100 personnes qui renoncent à la voiture mais que 100.000 personnes utilisent beaucoup moins leur voiture".

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Si l’accord de gouvernement de la Région est presque sur les rails, les syndicats, eux aussi sont sur les starting-blocks. Et parmi eux la CSC. Pour Marie-Hélène Ska, secrétaire générale du mouvement, l’absence des gouvernements empêche toute avancée dans les négociations sociales. Sur un plan fédéral, le syndicat chrétien s’inquiète du dérapage budgétaire chronique de 10 milliards tous les 5 ans et des conséquences que cela entraîne sur la sécurité sociale. Quant à la perspective d’augmenter la rémunération du futur remplacement de Dominique Leroy à la tête de Proximus, "pas question", répond Marie-Hélène Ska, alors qu’une loi gèle les salaires de l’ensemble des travailleurs.

Enseignement: un bon point

Il faut dire que la CSC a bataillé ferme contre la précédente majorité. A la Région comme au Fédéral. Face à l'accord de gouvernement pour la Wallonie, Marie-Hélène Ska veut "prendre le temps de lire les accords wallons. Car le diable se cache dans les détails". Du côté des bonnes nouvelles figure le maintien du tronc commun et du pacte excellence dans l’enseignement : "Sans être béat, on constate un consensus fort sur le long terme, il faut garder le cap".

Mais pour la secrétaire générale de la CSC, les manquements sont nombreux et il faut aller vite : "Aucune réponse n’a été apportée à la crise des blouses blanches ni sur les pensions ou la négociation des salaires à l’avenir. Il faut apporter des réponses concrètes aux attentes du monde du travail". Elle constate la difficulté d’apporter des réponses globales plutôt que fédérale, régionale et communautaire. "Il faut des réponses articulées entre le régional et le fédéral."

L’absence de gouvernement: un mauvais message aux électeurs

Même sans gouvernement, explique Marie-Hélène Ska, les trains roulent, les élèves sont dans les classes et les patients sont soignés. "Le pays n’est pas à l’arrêt, mais nous avons besoin de gouvernements rapidement parce que les services, et notamment la justice, ne peuvent pas fonctionner avec des douzièmes provisoires. L’électeur se demande alors pourquoi encore aller voter"

Pour elle, le temps presse : "Il faut des gouvernements qui tracent un cap, qui peuvent négocier les salaires et trouver des solutions au problème de la sécurité sociale. Ainsi, pour les pensions, l’âge est porté à 67 ans, mais rien n’est réglé sur la pénibilité du travail."

L’absence de gouvernement a aussi un impact sur les salaires : "Nous savons qu’il faut un interlocuteur politique pour la négociation sociale. Il faudra des textes et voter des budgets. Dès que l’on veut aller au-delà de 1,5% d’augmentation salariale, il faut un interlocuteur. Un gouvernement d’urgence ne peut pas mener de politique sur le long terme".

Le déficit budgétaire chronique : un danger pour la sécu

D’ici 5 ans, la Belgique creusera un déficit de 13,3 milliards d’euros. Et pour la secrétaire générale de la CSC, les recettes de sécurité sociale sont clairement insuffisantes. "Il faut sortir du carcan qui veut que l’on n’augmente pas les recettes. Il faut en chercher de nouvelles, un Etat n’est pas crédible quand il annonce que tous les 5 ans il faut aller cherchez 10 milliards d’économie. Le travail n’a pas été fait (ndlr: par les gouvernements). La sécurité sociale est en danger aujourd’hui. Le chômage et la santé, c’est l’affaire de tous. On ne peut pas demander, comme le font les patrons de prendre des mesures dans la sécurité sociale et accepter que l’on réduise les cotisations sans aucune évaluation."

Les blouses blanches

Des actions sont envisagées d’ici la fin de la semaine. Des actions que la CSC justifie par le fait que l’angoisse du personnel soignant pèse également sur les patients déjà fragilisés par les maladies.

Augmenter les rémunérations du patron de Proximus? Pas question

Reste la question qui fait débat au sein des syndicats: faut-il augmenter le plafond des rémunérations des CEO des entreprises publiques. La réponse fuse: "Dominique Leroy a montré que La rémunération ne fait pas la qualité du dirigeant. Aujourd’hui c’est le personnel de Proximus qui fait marcher Proximus, malgré le départ de Dominique Leroy."

Mais il y aurait aussi un sentiment d’injustice : "Quand on gagne 900.000 euros ou 1,5 million d’euros, cela ne change pas les fins de mois. Il est impossible de revoir la rémunération à la hausse alors que, par ailleurs, une loi gèle les salaires de l’ensemble des travailleurs et que les salaires minimums sont à un niveau indécent." Et quoi qu’il en soit, la CSC veut la garantie du Conseil d’Administration de Proximus que le plan de restructuration prévu ne sera pas remis en question: "Le CA doit être garant de la continuité".

 Jean-Claude Verset,rtbf.be

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C’est un événement qui agite quelque peu le gouvernement fédéral en affaires courantes en cette fin d’été : la proposition de Didier Reynders pour le poste de Commissaire européen. Cette décision a été prise par le gouvernement, sans consulter le Parlement. Charles Michel a invoqué l’aspect urgent de cette décision, les nominations des États membre pour les postes de Commissaires devant être rendues pour le 26 août.

Faire l’impasse du Parlement pour cette nomination a fait grincer des dents, autant du côté francophone que flamand, DéFI dénonçant un coup de force constitutionnel ou la N-VA, via le chef de groupe à la Chambre, qui compare le gouvernement à une "agence de placement pour les ministres".

Le PS, par son président, a demandé la tenue d’un débat public au Parlement sur cette candidature, qui se déroulera ce vendredi 30 août.

Hughes Bayet, ancien eurodéputé socialiste, est sur le plateau de Matin Première pour commenter cette nomination. Ne remettant pas en doute les compétences de Didier Reynders pour être commissaire européen, le député fédéral émet quelques doutes sur sa position politique. "Didier Reynders étant le père de la déduction des intérêts notionnels, quelle va être sa position en matière de lutte contre l’évasion fiscale, de dumping social, de droits sociaux, de crise climatique ?"

Par ce débat public, "on voudrait vraiment parler du fond : quelle va être la position du commissaire européen belge dans cette future Commission, qu’est-ce qu’on veut de l’UE et quelle va être sa feuille de route ?"

Alors que DéFI est très virulent sur l’impasse faite du Parlement pour la nomination du Commissaire, parlant de violation de la constitution, le PS lui se fait plus discret, et ne barre pas explicitement la route à cette décision. "Il faut savoir que le Parlement belge qui va décider in fine si Didier Reynders pourra être Commissaire, mais bien le Parlement européen. Dès la fin de ce mois, il va passer en session au Parlement européen, où il sera questionné sur ses compétences et objectifs."

"Nous, au niveau belge, on veut vraiment influencer les décisions que prendra Didier Reynders dans cette Commission, et c’est pour cela que l’on demande un débat, qui aura lieu vendredi à 10 heures" Il n’est donc pas question de remettre fondamentalement en question la désignation de Didier Reynders. "La Belgique aurait été comme la cinquième roue du carrosse européen si elle n’avait pas remis sa candidature à temps, elle aurait eu de faibles compétences".

Deux MR à l’Europe, ça fait grincer des dents

Si la nomination de Didier Reynders crée autant de remous, c’est aussi parce que le deuxième représentant belge dans l’Union européenne est aussi issu du MR : Charles Michel a été nommé, fin juin, président du Conseil Européen. "C’est étonnant, et je comprends que le citoyen se pose des questions. C’est la cinquième force politique au niveau fédéral, ils n’ont pas non plus gagné les élections, mais ils arrivent à obtenir deux postes importants au sein de l’Union européenne."

"Ils ne sont pas là pour représenter la Belgique uniquement ou leur parti, nous voulons donc nous assurer que des objectifs de gauche seront soutenus au sein de cette commission." Car, avec Ursula der Leyen à sa tête, les partis de gauche craignent potentiellement un virage vers la droite de la Commission. "Faute de quoi, le groupe socialiste ou peut-être d’autres groupes européens risquent de refuser toute une série de commissaires ou d’avaliser le programme de la Commission européenne."

Sans Didier Reynders ou Charles Michel dans l’échiquier politique belge, les négociations des coalitions aux différents niveaux de pouvoir pourraient-elles être en quelque sorte facilitées ? "Ce n’est pas vraiment une question de personne, mais plutôt une question de projet, estime le député fédéral. Et c’est ça le problème, quels sont les partis politiques qui peuvent se retrouver ensemble pour créer un véritable programme."

Pas de jeu entre le PS et le MR, aux niveaux belge et européen, donc. "Je ne pense pas qu’il y ait de deal, non".

rtbf.be